Magazine Le Bruit Qui Court
  • Accueil
  • LIRE LE MAG
  • LES RUBRIQUES
    • Evenement
    • Grand Angle
    • Zoom (Publireportages)
    • Portrait
    • Reportage
    • Interview
    • Focus
    • Idée de Recette
  • DEVENEZ Annonceur
  • BRIO COMMUNICATION
  • Accueil
  • LIRE LE MAG
  • LES RUBRIQUES
    • Evenement
    • Grand Angle
    • Zoom (Publireportages)
    • Portrait
    • Reportage
    • Interview
    • Focus
    • Idée de Recette
  • DEVENEZ Annonceur
  • BRIO COMMUNICATION
Portrait

LYDIE FOLIOT ALIAS LYDI

21 novembre 2025 21 novembre 2025 Alexandra TISSOT142 views

Artiste peintre

L’ADMIRABLE LÉGÈRETÉ DE L’ÊTRE

Ils ont été si nombreux, les hommes, à traiter le sujet féminin, sa douceur et sa grâce de pièce montée, au propre comme au figuré, dans un subtil mélange d’idolâtrie pour une madone en odeur de sainteté, et de phallocentrisme rudimentaire qui n’a pas l’air d’y toucher. C’est un fait, dans l’art comme dans d’autres matières, beauferie comprise, « l’étrange drame » des femmes inspire, lesquelles expirent plus souvent qu’à leur tour un air las de tant de fausses pistes, de mièvreries ou de clichés sexistes. De celui qui n’en connaît pas de faciles et n’en connaît que de fragiles, à celui qui en fait les stars de ses films secrets puis dort dans leur corps, avec ou sans accord, en passant par le grand Michel Réac qui les voit s’installer à la présidence et de là faire bander la France, comme si le garde à vous fixe était pour une femme de pouvoir un terminus tout le monde descend… De ses peintres qui ont tant objectifié leur corps ou carrément esthétisé leur apathie dans la mort, à ces écrivains qui les ont décrites si passives devant des héros si actifs, en passant par ces médecins qui les ont étiquetées hystériques à la moindre résistance pour s’octroyer le droit de lobotomiser leur puissance… l’art et bien d’autres matières, beauferie comprise, ont longtemps fait des femmes des êtres sans substance, sauf à être diabolique, sans nuances, sauf à être érotiques, sans intelligence, sauf à être dramatique, et qui, dès lors qu’elles étaient deux, finissaient toujours par se mettre d’accord sur le dos d’une troisième. Oh, il y a eu, bien sûr, quelques traits de génie de la part de lumières qui se sortaient les doigts du sif, pour rendre compte de leur pluralité, de leur complexité, de leurs capacités et de leur volonté, en dehors du quatuor vénalité-maternité-rivalité-trophée. Mais si peu. Finalement et de tous temps, les femmes n’ont jamais été aussi bien servies que par elles-mêmes pour révéler la particularité de leur existence, loin du « mâle gaze » et de l’injonction à être là où on les attend.
L’artiste qui nous intéresse les peint et les dépeint telles qu’elle les connaît, d’un intérieur qui lui ressemble, libres et multiples, ni putes ni soumises, n’ayant certainement pas à se définir selon les 3 types de femmes existant pour le réalisateur Bigas Lunas : la putain, la mère et la putain de sa mère. Non. Attendons-nous plutôt à un camaïeu de vécus affranchis, à un chapelet de seins pointant loin des sentiers catholiques, à une grappe de froufrous virevoltant pour eux mêmes, à une kyrielle de nanas douées pour être au monde. Féminines certes, dans le théâtre du quotidien qui les a formées, souvent « légèrement vêtues de toute leur vertu », jouant avec les codes esthétiques, en rouge vif, en jaune astral, en bleu électrique, jouissant de leur autonomie sans se donner en spectacle mais sans jamais passer inaperçues.
Lydie Foliot, sous son nom d’artiste Lydi, peuple sa galerie de femmes élancées tout au plaisir de leur « étrange drame », qu’elles l’habillent de soie, de satin, de tulle ou d’un rien qui n’a cure d’être insolent. Alors que vivent les rubans, les plumetis, les dessous hypertenseurs, les bouées enfantines ou les postures de podium… pourvu qu’ils nous servent à profiter sans condition et à toute heure.

Naissance d’une idylle

Lydie, dont l’anagramme attend déjà son heure, naît à Roanne en 1972, dans une famille à l’esprit léger et joyeux où les enfants sont libres. Un vrai terreau d’artiste, semble-t-il, d’autant plus qu’elle est tout au long de son enfance initiée à la culture sous toutes ses formes. Sa mère lui ouvre les portes des musées et du beau. Elle peint, Lydie l’imite, puis passe beaucoup de temps à reproduire des œuvres variées. Son père, qui gravite dans le milieu de la moto, lui insuffle son côté rebelle… elle sera motarde le temps de quelques démonstrations sur circuit en compagnie de son frère, au guidon d’engins de courses d’antan. Elle grandit sans bride sur le cou, affranchie et dégourdie, et la danse qu’elle pratique à haute dose canalise sûrement un peu de son énergie vivace, tandis que les BD nourrissent son imaginaire créatif. Attirée par la mode, son look ne le dément jamais, elle songe à une carrière dans le stylisme puis, après une scolarité « normale » à Jean-Puy, et l’obtention de son bac B, s’inscrit aux Beaux-Arts de Saint-Etienne. Mais l’attraction initiale ne se convertit pas en amour durable et, finalement effrayée par la précarité d’un destin artistique, Lydie met les voiles au bout de 3 mois. Barmaid un temps, on l’imagine sans mal mettre le feu aux poudres comme aux mètres de shooters, elle réussit le concours d’infirmière et décroche son diplôme en 95. Elle se spécialise ensuite pour le bloc opératoire et, lors d’un congrès à Montpellier, tombe en amour pour cette ville où elle s’installe en 2003. Entre 2 manifs, 4 enfants, des filles, et un métier qui la passionne autant qu’il l’accapare, Lydie continue à peindre pour maintenir un équilibre émotionnel. Cet exutoire accouche d’un personnage naïf, de type féminin, qui revient au fil des croquis et des toiles. En 2006, une amie sculptrice l’incite à exposer à ses côtés, et cette première est un succès. Lydi, sans le e qui empêche une lecture inversée chargée de sens idyllique, est née. Alléluia.

Clins d’œil et impétuosité

Vite remarquée, Lydi sans e se professionnalise en même temps que les expositions, à Rodez (sa première galerie) puis à Saint-Jean de Luz, Hossegor, Carcassonne, Sète, etc. se multiplient, et que Lydie, qui ne déteste rien tant qu’avoir à choisir, décide, en allégeant ses horaires, de conserver son poste d’infirmière de bloc opératoire pédiatrique. Elle a besoin de son travail pour tempérer son urgence de vivre et nourrir sa philanthropie. Joyeuse et festive, un brin frappée parfois, Lydi peint chez elle, à l’acrylique, par terre dans son salon, électrisée par les décibels extravagants d’un punk rock exhumé d’une jeunesse sans fin qui, soit dit en passant, emmerde le front national. La nuit souvent, elle est un de ses oiseaux. Par tranches de boulimie créative qui s’apaise bien après l’heure entre chiens et loups. Elle affine sa signature, ces femmes longilignes qui s’étirent stylisées sur des toiles aux grains poussés, qui vont jusqu’au format tapisserie, ou dans des illustrations léchées que des croquis ont préalablement mâchées. Inspirée par ses filles et des instantanés de vie, elle parsème ses œuvres de références à ses élans de toujours, persuadée qu’une artiste se nourrit d’autres créations pour les digérer à sa façon : les « grands maitres », Dali, Modigliani, Giacometti (qui guident ses premiers pinceaux en technique à l’huile), Piet Mondrian et son abstraction de couleurs primaires, l’univers de la BD (jet d’encre de Chine, contours noirs…), dont Enki Bilal et son amour des cheveux bleus, Claire Bretécher et sa représentation atypique des femmes, celui de la mode, dont Courrèges et sa grammaire esthétique radicale, Chacok et ses imprimés exclusifs, vivants, intuitifs, Jean-Paul Goude ou Jean Paul Gaultier et leurs extravagances, enfin, Chantal Thomas et ses armures sensuelles faites de manifestes en dentelle… Aujourd’hui exposée dans de nombreuses galeries en France, près de nous à la Galerie Deza de Villerest, Lydi s’amuse à saisir l’air de son temps, et s’amuse tout court, pleure peut-être tout autant, en femme libre d’être et de désirer.

Les filles de l’air

On sent bien que les femmes de Lydi ne posent qu’un court instant, perchées sur des jambes interminables qui brûlent de poursuivre leurs pas chassés. Des œuvres comme des photos prises sur le vif, un pinceau qui joue avec l’hyperlaxité des silhouettes. A ces corps là, rien d’impossible, ni le sport, ni la bringue, ni d’être à poil ni, pour une marinière, la recherche de son marin. Entre éloges du décolleté et pauses tango, entre un tutu au vent et des cheveux qui dansent, des verres qui s’entrechoquent et des rires réciproques, l’irrévérence qui fend la toile et invite aux bacchanales… la vie s’expose en vrac, en couleurs en sans entraves. Les pois, qui sont à la féminité ce que 5 étoiles sont à un amiral, s’en mêlent souvent. Ni tout à fait géométriques, ni tout à fait figuratifs, ils dessinent un rythme visuel, une ponctuation dans le tissu, aussi espiègle que rétro, aussi fraîche que désinhibée. Peintre de la fantaisie incarnée, de la folie douce et de la néo-féminité assumée, Lydi envoie valser les empêchements parasites et autres préjugés. Sous les intempéries ou le soleil brûlant, à songer clope au bec, ou à trinquer avant la tempête, ces femmes du mouvement léger et du cœur changeant nous donnent envie d’en être, de lever notre verre ou la main droite en disant « moi aussi je le jure, et que ma liberté ne vous fasse pas injure ».

FACEBOOK

INSTAGRAM

Galerie Deza,
Domaine de Champlong, 42300 Villerest
11 rue Alexandre Roche, 42300 Roanne

artiste peintrechacokchantal thomasclaire bretecherGalerie DEZAjean paul gauthierLYDIE FOLIOTlydie foliot artiste peintrepeinture de femme
Alexandra TISSOT21 novembre 2025

RECHERCHER

LA BIBLIOTHÈQUE DU MAGAZINE LE BRUIT QUI COURT

Les articles les plus populaires

GUILLAUME GRIFFON – AUTEUR DE BD

16 janvier 2017 17 janvier 2017

THÉÂTRE DE ROANNE – Lever de rideau

7 mars 2018 7 mars 2018

Remontet – Horloger Père & Fils

8 novembre 2017 8 novembre 2017

AURÉLIA BRIVET – L’Art de l’Aventure

7 mars 2018 7 mars 2018

MICHEL FEUGÈRE MUSICIEN – UN MUSICIEN QUI FAIT SON CINÉMA

12 juin 2019 12 juin 2019

Rejoignez-nous sur instagram @magazinelebruitquicourt

Configuration error or no pictures...
0
Followers

Rejoignez-nous sur Facebook

0
Followers
0
Followers

Rejoignez-nous sur Instagram @magazinelebruitquicourt

Configuration error or no pictures...
Copyright © 2018-2025 - MAGAZINE LE BRUIT QUI COURT - TOUS DROITS RÉSERVÉS. ÉDITIONS LES 3 DU DUO S.A.R.L.