Parcourir les etiquettes pour

Vélo

Afficher : 1 - 3 of 3 Articles

L’Echappée Roannaise

Spécialiste du vélo Le vélo, dans toute sa diversité, offre une palette d’avantages adaptée à chaque besoin et style de vie. Electrique ou musculaire, il connaît un engouement croissant qui favorise tout autant notre forme physique qu’il réduit l’encombrement urbain et les émissions de CO2. Cette alternative économique à la voiture se positionne comme un choix à la fois écologique, sain et moderne. Un choix largement facilité à Roanne depuis l’ouverture, en avril 2019, de …

AURÉLIA BRIVET – L’Art de l’Aventure

Et voilà, encore une matheuse qui a mal tourné. Elle aurait pu, avec sa tête bien faite, nous pondre, au moins, un petit théorème, être ingénieure process chez Lactalis, chercher en labo la formule contre les vilaines peaux ou résoudre l’équation de Navier-Stoke (nous non plus on ne connaissait pas).
Au lieu de cela, mademoiselle dessine et parcourt le vaste monde sur deux roues. Ben voyons. Bien sûr, bon sang ne saurait mentir car les chiens ne font pas des chats. Il fallait donc s’attendre à ce que sa route oblique, puisque ses parents se sont rencontrés lors d’un voyage en vélo, et n’ont cessé, une fois leurs affinités consacrées, de trimballer leur quatre filles d’un bout à l’autre de l’europe, leur donnant irrémédiablement le goût de l’aventure et de la liberté. La pomme n’est donc pas tombée très loin de l’arbre en ne choisissant pas les algorithmes et la cryptographie.

Aurélia Brivet est, à 27 ans, une baroudeuse pleine de talents. Elle est graphiste, illustratrice, photographe, bédéiste, réalisatrice spécialisée en animation, et tout ce petit monde est campé dans une silhouette élancée dotée de cuisses sportives prêtes pour les échappées. En 2016, elle a parcouru seule 8234 kms en vélo, de Roanne aux plus beaux fjords d’Islande. Elle finalise aujourd’hui un roman graphique de 240 pages retraçant son incroyable périple, en quête de sa vraie nature, et, sûrement, des créatures magiques des légendes nordiques.
Voici donc l’histoire d’une « jeune femme qui échangeait des croquis contre un verre, un repas, ou toute nourriture de l’esprit, du rêve et de l’imagination ».

Animer son destin

Dans ses années lycée, Aurélia s’apprête bel et bien à faire une prépa. Mais elle décide finalement d’exploiter un autre don et devient ex-future chercheuse universitaire en intégrant l’école d’art Emile Cohl à Lyon. Elle y apprend le dessin et se spécialise dans le dessin animé. Pour son projet de fin d’études, elle réalise un court-métrage, « Les Cœurs Bonheur », qui lui vaut d’être lauréate du concours organisé par TF1. Au sortir de l’école, en 2012, elle travaille un an dans une agence de graphisme à Lyon, tout en continuant ses « piges » dans un studio de dessin animé. Elle s’installe ensuite à son compte à Roanne et propose depuis des illustrations pour les particuliers, du graphisme pour les entreprises ou encore des interventions en photographie. Elle fait partie de l’Association des Métiers d’Arts de Roanne (l’Amar), et de l’Appart (local d’approche des pratiques plastiques et artistiques) de Riorges. Surtout, bon nombre d’écoles font appel à elle pour apprendre le rêve à nos enfants, via des ateliers de Stop-Motion, une animation permettant de créer un mouvement à l’écran à partir d’objets immobiles. Et en prenant beaucoup de photos… Lors de ces temps d’activités péri-éducatifs, nos plus ou moins petits créent des courts-métrages qu’ils ont le plaisir de voir projetés lors du festival « Ciné court animé » organisé par Loïc Portier. Les enfants, de Mâtel à Arago, de Paul Bert à Fonquentin, nous parlent ainsi du harcèlement à l’école, des créatures légendaires, du pôle nord, des arbres ou des quartiers, avec pour seule limite l’imagination illimitée de leur jeune âge. Auprès des ados, c’est à Albert Thomas, dans les MJC ou encore à Jean-Puy (où il existe une option cinéma-audiovisuel) qu’Aurélia partage ses connaissances et apprend à qui le demande à choisir le bon médium pour chaque projet.

Parallèlement à ce parcours professionnel, elle n’a cessé de voyager au cours de ces dernières années : Europe, Asie, Afrique, Etats-Unis, etc. Après avoir connu Irma aux Caraïbes et fait beaucoup d’humanitaire, elle décide en 2016 de partir seule, sur le vélo Berthoud de sa grand-mère. Une randonneuse de 30 ans d’âge, dont elle a hérité depuis que son aïeule est passée au vélo d’appartement. Aurélia n’échappe donc pas à la presque implacable règle de la génétique et de l’éducation. On imagine mal un enfant de la Cosa Nostra devenir éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse ou un Bouglione avoir peur du vide…

Des « Anecdotes plein les sacoches »

Tandis que sa mère se fait du mauvais sang, le sien ne fait qu’un tour une fois ses sacoches consciencieusement remplies. Le 4 mai 2016, Aurélia largue les amarres, confiante et prête pour l’aventure du « lâcher-prise » et du « tout possible ». Elle traverse la Suisse, l’Allemagne, le Danemark, longe la côte suédoise et Norvégienne puis prend le bateau, son vélo sous le bras, pour gagner l’Islande. Elle roule, sans vouloir faire de son voyage un exploit sportif (ah bon), jusqu’à 170 kms par jour. Par tous les temps, comme le petit cheval blanc. Les gens l’approchent facilement, car elle paraît bien inoffensive avec sa vie comme chargement, son PC portable et ses objectifs comme outils de travail. Petit à petit, elle se débarrasse de ses à prioris et de la hiérarchie sociale, pour se connecter aux gens simplement et sans appréhension. Elle retourne à l’essentiel, à ses besoins primaires, et la magie du voyage opère. Au fil de ces échanges et de ces lendemains qui sont des autres jours, l’idée du livre germe. Qu’il en soit ainsi : « Anecdotes plein les sacoches, ou comment j’ai rejoint l’Islande avec le vélo de ma grand-mère » se construit au gré de ses rencontres, toujours heureuses, et jusqu’à son retour à Roanne par les bords de Loire le 29 octobre 2016. Entre croquis, illustrations, anecdotes en BD, photos, panoramas et textes, Aurélia partage son expérience de la liberté. De la plume de rapace au mouton faisandé, de la morsure du froid aux histoires fantastiques de la vallée de la mort, elle revient sur les belles coïncidences et les rencontres touchantes qui ont jalonné sa route.

À vous de jouer

Ce livre sera imprimé en mai, une fois le financement participatif abouti. En effet, du 8 mars au 26 avril, des pré-commandes à 30 Euros seront enregistrées sur le site ulule.com. Il faut à Aurélia 150 contributeurs pour que ses 240 pages sortent de terre et qu’elle nous les dédicace en juin à la bibliothèque de Mably, au Forum Mirose ou à l’Office du Tourisme. A bon entendeur…
L’étudiante avec les cœurs pour logo, est devenue une jeune femme inspirante, prête à déclencher des départs en masse, à pied ou en vélo, à la rencontre de l’autre humanité : celle des chaînes de faveurs, de la bienveillance et de la générosité. Cette chimère existe puisqu’elle l’a rencontrée. Sans croire encore tout à fait aux elfes, Aurélia porte désormais en elle cette idée fantasque que « des choses magiques se passent, qu’on ne peut pas expliquer ». Elle ira, bientôt, promener son aura de liberté et de foi en l’homme dans l’hémisphère sud. À deux cette fois, puisqu’un clown acrobate roannais est tombé amoureux d’elle, et il semblerait qu’elle ne soit pas insensible à tout son cirque. Qu’ils partent, cette fois, en vélo, en tandem, en vrille ou à la renverse, on ne leur demande qu’une chose : de faire naître, aussi, un livre de cette histoire là.

PLUS D’INFOS
Précommande livre :
www.fr.ulule.com/anecdotes-plein-les-sacoches

KEVIN MEYER – SPORT : Professionnel BMX Flat

On le sait bien aujourd’hui, manger 5 fruits et légumes par jour et ne pas regarder de danse contemporaine sur Arte ne suffira pas à faire de nous des centenaires en rollers ou classés parmi les favoris du critérium 1ère neige. 

Génétique ou phénoménal coup de bol mis à part, il va bien falloir, si ce n’est déjà fait, songer à transpirer en dehors des périodes de canicule, si on veut entraîner notre cœur à pomper gaiement jusqu’à faire exploser toutes les courbes d’espérance de vie. A ce stade, vous ne pouvez plus l’ignorer, le sport est notre allié, le dépassement de soi est notre ami et la sueur nous veut du bien.  Et c’est encore mieux quand on le comprend jeune. 

Nous avons voulu nous intéresser,  justement, à un sport de jeunes, dans lequel les vétérans dépassent à peine la quarantaine : le BMX, ou vélo extrême en skatepark, Flat au sol, Race « course » ou Dirt « sauts sur bosses ». Si vous êtes nés avant 1980, vous pensez sûrement : « quelle horreur, ils ont dû se confronter au péril jeune,  dans un milieu où les cyclistes s’appellent des riders, sûrement toujours en retard, apathiques, anti-Bécherelle et au jemenfoutisme plus irritant qu’une plante urticante ». Bref, vous vous imaginez une pub pour le yaourt « rien à branler », avec des petits jeunes en baggys et casquettes à l’envers. Et bien détrompez vous. Car nous sommes allés à la rencontre d’un professionnel, certes jeune, mais sévèrement gainé, doué et ambitieux.

Kevin Meyer est, à 26 ans, pro de BMX, ponctuel, et bien décidé à faire parler de son sport. Son Master en publicité sous le bras, ce roannais a créé, aidé par l’association « Addicted Riders Project », dont il est le vice-président, une vidéo corporative déjà projetée au Renoir, et une chaîne Youtube, pour diffuser la bonne parole.  

 

 

Kevin ,le BMX, c’est quoi ?

Ca a été inventé dans les années 80 aux Etats-Unis, pour faire du motocross sans moteur. En fait, c’est du vélo extrême adapté pour le freestyle, à base de sauts, figures et acrobaties. C’est arrivé en France dans les années 90, c’est pour çà que les 1ers à l’avoir pratiqué n’ont pas beaucoup plus de 40 ans.  Le BMX se pratique sur piste, sur bosses, en skatepark et en flat, à savoir sur un sol parfaitement plat. C’est ce que je fais : je joue avec l’équilibre et mon vélo, en flat. Une sorte de breakdance…

Et ça t’a pris quand ?

Ado, en 2005. Ça m’intriguait et j’ai regardé des tutos pour m’y mettre. Au début, il suffit de faire 1m30, de se procurer un BMX (un vélo avec 4 cales pieds, un guidon à 360°, et sans frein pour la pratique au sol mais il est préférable de commencer avec un frein c’est plus rassurant et sécurisant), et d’avoir une bonne dose de persévérance pour intégrer l’équilibre et les figures.

Comment on devient pro ?

J’ai fait mes études dans la com en Normandie et j’ai commencé par organiser une compétition à Alençon pour montrer au grand public ce qu’on fait. On est entre 300 et 400 en France, pros et amateurs confondus, alors quand il y a une compèt, tout le monde vient.  J’ai connu pas mal de monde, car c’est un milieu très ouvert et bon esprit. Après mes études, j’ai décidé d’en vivre, en utilisant mes connaissances pour nous faire connaître. J’organise toujours des compèts, je fais des shows un peu partout en France, j’aimerais d’ailleurs en faire plus en local. Surtout, on a créé une association « Addicted Riders Project»: Vincent Chavet en est le président, Benjamin Lhote le secrétaire, et moi le vice-président. 

Pourquoi cette association ?

C’est un levier pour promouvoir l’activité. En fait, ce sport n’est pas affilié, même si on a des appels du pied, à la Fédération Française de Cyclisme, il n’y avait à ce jour ni compétition officielle, ni enseignement, nous faisons partie de l’UCI et cette année la nouvelle vient de tomber il y aura pour la première fois un championnat du monde de flat. Les classements sont pour l’instant relayés par les médias spécialisés et les réseaux sociaux. Aujourd’hui, pour commencer, un jeune doit trouver un rider qui le conseillera, un magasin spécialisé en ligne, et un site où pratiquer, car c’est interdit sur la voie publique. Pas facile. À Roanne, on se retrouve au skatepark. L’association nous a permis de rentrer en pourparlers avec la mairie et de valider une extension prévu pour Juin 2017.

Et la vidéo ?

On a réalisé, avec Julien Lavergne, cette vidéo pro de 42 mns, tournée autour de Roanne, avec 15 riders majoritairement de la région. Elle a été projetée 2 fois à l’espace Renoir et ça a été un joli succès. On en distille des extraits sur la chaîne Youtube qu’on a parallèlement créée, et qui s’appelle aussi  Addicted Riders Project.  Le but est multiple : générer du contenu, du visuel pour le grand public, avoir un rôle éducatif ou de conseil, faire des tutos, parler de ces sports urbains et underground, présenter des vidéos de BMX, skate, trottinette… Ce qu’on veut surtout, c’est que les kids (les gosses), puissent nous trouver, et les parents être rassurés. C’est la 2ème génération qui arrive et on ne veut pas la louper !

 

 

 

 

 

 

Kevin est parmi les 15 riders les plus suivis sur les réseaux sociaux. Il participera à nouveau au Festival des Sports Xtrems de Montpellier, l’équivalent en France des XGames, en tant que compétiteur et commentateur. 

Quel que soit votre niveau en freestyle, larvaire ou confirmé, et même si vous comptez bien ne pas en avoir du tout, ayez la curiosité d’aller voir ce que font ces riders. Vous verrez du spectaculaire, en forêt ou sur bitume, et des jeunes, qui, clairement, en ont sous la selle (quand il y en a une).

Facebook / Instagram / Twitter : @Kevinmeyerbmx      
www.osbmx.fr    
Facebook / Youtube :  @AddictedRidersProject      
E-mail : info@kevinmeyerbmx.com

crédits photos :  © Emma Colin aka Lazylittlefish