PortraitReportage - Interview

KEVIN MEYER – SPORT : Professionnel BMX Flat

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On le sait bien aujourd’hui, manger 5 fruits et légumes par jour et ne pas regarder de danse contemporaine sur Arte ne suffira pas à faire de nous des centenaires en rollers ou classés parmi les favoris du critérium 1ère neige. 

Génétique ou phénoménal coup de bol mis à part, il va bien falloir, si ce n’est déjà fait, songer à transpirer en dehors des périodes de canicule, si on veut entraîner notre cœur à pomper gaiement jusqu’à faire exploser toutes les courbes d’espérance de vie. A ce stade, vous ne pouvez plus l’ignorer, le sport est notre allié, le dépassement de soi est notre ami et la sueur nous veut du bien.  Et c’est encore mieux quand on le comprend jeune. 

Nous avons voulu nous intéresser,  justement, à un sport de jeunes, dans lequel les vétérans dépassent à peine la quarantaine : le BMX, ou vélo extrême en skatepark, Flat au sol, Race « course » ou Dirt « sauts sur bosses ». Si vous êtes nés avant 1980, vous pensez sûrement : « quelle horreur, ils ont dû se confronter au péril jeune,  dans un milieu où les cyclistes s’appellent des riders, sûrement toujours en retard, apathiques, anti-Bécherelle et au jemenfoutisme plus irritant qu’une plante urticante ». Bref, vous vous imaginez une pub pour le yaourt « rien à branler », avec des petits jeunes en baggys et casquettes à l’envers. Et bien détrompez vous. Car nous sommes allés à la rencontre d’un professionnel, certes jeune, mais sévèrement gainé, doué et ambitieux.

Kevin Meyer est, à 26 ans, pro de BMX, ponctuel, et bien décidé à faire parler de son sport. Son Master en publicité sous le bras, ce roannais a créé, aidé par l’association « Addicted Riders Project », dont il est le vice-président, une vidéo corporative déjà projetée au Renoir, et une chaîne Youtube, pour diffuser la bonne parole.  

 

 

Kevin ,le BMX, c’est quoi ?

Ca a été inventé dans les années 80 aux Etats-Unis, pour faire du motocross sans moteur. En fait, c’est du vélo extrême adapté pour le freestyle, à base de sauts, figures et acrobaties. C’est arrivé en France dans les années 90, c’est pour çà que les 1ers à l’avoir pratiqué n’ont pas beaucoup plus de 40 ans.  Le BMX se pratique sur piste, sur bosses, en skatepark et en flat, à savoir sur un sol parfaitement plat. C’est ce que je fais : je joue avec l’équilibre et mon vélo, en flat. Une sorte de breakdance…

Et ça t’a pris quand ?

Ado, en 2005. Ça m’intriguait et j’ai regardé des tutos pour m’y mettre. Au début, il suffit de faire 1m30, de se procurer un BMX (un vélo avec 4 cales pieds, un guidon à 360°, et sans frein pour la pratique au sol mais il est préférable de commencer avec un frein c’est plus rassurant et sécurisant), et d’avoir une bonne dose de persévérance pour intégrer l’équilibre et les figures.

Comment on devient pro ?

J’ai fait mes études dans la com en Normandie et j’ai commencé par organiser une compétition à Alençon pour montrer au grand public ce qu’on fait. On est entre 300 et 400 en France, pros et amateurs confondus, alors quand il y a une compèt, tout le monde vient.  J’ai connu pas mal de monde, car c’est un milieu très ouvert et bon esprit. Après mes études, j’ai décidé d’en vivre, en utilisant mes connaissances pour nous faire connaître. J’organise toujours des compèts, je fais des shows un peu partout en France, j’aimerais d’ailleurs en faire plus en local. Surtout, on a créé une association « Addicted Riders Project»: Vincent Chavet en est le président, Benjamin Lhote le secrétaire, et moi le vice-président. 

Pourquoi cette association ?

C’est un levier pour promouvoir l’activité. En fait, ce sport n’est pas affilié, même si on a des appels du pied, à la Fédération Française de Cyclisme, il n’y avait à ce jour ni compétition officielle, ni enseignement, nous faisons partie de l’UCI et cette année la nouvelle vient de tomber il y aura pour la première fois un championnat du monde de flat. Les classements sont pour l’instant relayés par les médias spécialisés et les réseaux sociaux. Aujourd’hui, pour commencer, un jeune doit trouver un rider qui le conseillera, un magasin spécialisé en ligne, et un site où pratiquer, car c’est interdit sur la voie publique. Pas facile. À Roanne, on se retrouve au skatepark. L’association nous a permis de rentrer en pourparlers avec la mairie et de valider une extension prévu pour Juin 2017.

Et la vidéo ?

On a réalisé, avec Julien Lavergne, cette vidéo pro de 42 mns, tournée autour de Roanne, avec 15 riders majoritairement de la région. Elle a été projetée 2 fois à l’espace Renoir et ça a été un joli succès. On en distille des extraits sur la chaîne Youtube qu’on a parallèlement créée, et qui s’appelle aussi  Addicted Riders Project.  Le but est multiple : générer du contenu, du visuel pour le grand public, avoir un rôle éducatif ou de conseil, faire des tutos, parler de ces sports urbains et underground, présenter des vidéos de BMX, skate, trottinette… Ce qu’on veut surtout, c’est que les kids (les gosses), puissent nous trouver, et les parents être rassurés. C’est la 2ème génération qui arrive et on ne veut pas la louper !

 

 

 

 

 

 

Kevin est parmi les 15 riders les plus suivis sur les réseaux sociaux. Il participera à nouveau au Festival des Sports Xtrems de Montpellier, l’équivalent en France des XGames, en tant que compétiteur et commentateur. 

Quel que soit votre niveau en freestyle, larvaire ou confirmé, et même si vous comptez bien ne pas en avoir du tout, ayez la curiosité d’aller voir ce que font ces riders. Vous verrez du spectaculaire, en forêt ou sur bitume, et des jeunes, qui, clairement, en ont sous la selle (quand il y en a une).

Facebook / Instagram / Twitter : @Kevinmeyerbmx      
www.osbmx.fr    
Facebook / Youtube :  @AddictedRidersProject      
E-mail : info@kevinmeyerbmx.com

crédits photos :  © Emma Colin aka Lazylittlefish