Portrait

DAVID GRAND – LA MAIN HEUREUSE

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« Non jamais, jamais encore, je n’avais vu des mains ayant une expression si extraordinairement parlante, une forme d’agitation et de tension si spasmodique…ces deux mains frémissantes, haletantes, comme essoufflées, en attente, grelottantes et frissonnantes… ». Stephan Zweig : « 24 heures de la vie d’une femme ».

On peut aisément deviner la nature profonde d’un homme à la façon dont ses mains s’animent, se lèvent, se pressent, s’attardent, caressent, effleurent, s’interrompent, tremblent, saisissent, jettent ou retombent.

Prolongement de notre volonté, vectrices de notre énergie, initiatrices du bon comme du mauvais, de la blessure comme du plaisir, elles ne mentent pas et giflent comme elles aiment, mènent la danse comme elles se tordent et trahissent nos paroles comme elles les entérinent. Grande prêtresse de la chiromancie, sceptre symbole de la toute puissance royale ou de la justice, la main, qu’elle soit de Fatima, d’un Dieu, du diable, d’un maître ou du destin, est, vous l’aurez compris , au cœur de ce portrait. Un point de départ et une arrivée. Car celui dont nous avons choisi de parler est à ses mains ce que l’archet est au violon, et au toucher ce que l’art est à la manière.

David Grand, fondateur et praticien du salon de massage et Spa « le Paradis du bien-être », nous livre, la main bien sûr sur le cœur, son parcours inouï, de Cuba à l’Artec (Académie des Recherches de Techniques Educatives Corporelles), du dépôt de sa marque aux formations qu’il dispense…pour prêcher le bon toucher.

Chercheur chevronné et infatigable de la beauté intérieure, professionnel émérite de la réunion du corps et de l’esprit, saint ou non, son histoire est un voyage presque sacerdotal en terres de bien-être. Entre vibrations, sensualité, shamanisme, spiritualité et rencontre de soi, son jeu de main n’est définitivement pas un jeu de vilain.

À la recherche du paradis perdu 

Il ne manque, à priori, à cet homme là, qu’un sari et un point rouge sur le front. Comme l’Amma, mère en hindi, cette indienne qui parcourt le monde pour serrer dans ses bras des disciples en manque de paix intérieure. A son image, David Grand semble être doué pour l’acte d’amour pur et désintéressé, de ceux pouvant arracher la Reine des Neiges à sa froideur mortifère.  Ce n’est pourtant pas en Inde qu’il est allé rompre avec une enfance compliquée et un destin d’ajusteur mécanique décidément bien indigeste. Après Carnot et Jean-Puy, il exerce une multitude de métiers : poissonnier, fleuriste, ajusteur donc, travaille même à la Fée Maraboutée ou comme barman à Alicante. Mais la maladie et un accident de voiture l’incitent à trouver un cadre à la mise à distance de ses racines.

Fasciné par la culture musicale afro-cubaine, il part en Amérique Latine à la recherche des rythmes liés au culte des Orishas. Ces divinités, ou personnifications de la nature, sont liées à la Santeria, une religion naguère pratiquée par les esclaves aux Antilles et en Amérique du Sud. Adaptée sous forme syncrétique à Cuba (entendez : on mélange spontanément la religion catholique imposée et les croyances ancestrales pour obtenir un patchwork de cultes), la pratique des tambours fondamentaux lui est intimement attachée. C’est cette musique là que David étudie à Cuba pendant deux ans et demi, ce rythme divin qui a créé le monde, cette parole envoûtante des musiciens de rituels. Les vibrations et le toucher de peaux animales lui deviennent indispensables. De retour en France, il intègre  l’école Artec à Montpellier, dans laquelle il restera 5 ans. C’est là qu’il découvre  le massage, sa rythmique, sa déontologie et son éthique. Car pour savoir toucher sans transgresser le cadre, il faut apprendre à « ne rien voir, ne rien penser », à déprogrammer un cerveau qui « distorse et généralise », à n’être qu’une vibration sans égo. En bref : ne pas juger, ressentir et transmettre sans s’emballer, ne pas mordre dans la pomme, ne montrer aucune faille aux serpents persifleurs et laisser sa sexualité dans un coffre dont on avale la clé. Sinon, clairement, c’est un autre métier…

Le paradis du Bien-Etre 

Après une Capacité et un Mémoire, il valide sa Certification en massage de relaxation et bien-être. Il poursuit alors son voyage initiatique, en Thaïlande et ailleurs, pour parfaire ses connaissances en la matière. Il va jusqu’à travailler aux côtés d’un Shaman qui lui apprend, un peu, le monde de l’invisible et les vies antérieures.  Vous vous dites, peut-être, qu’il est doucement perché, un brin chimérique, illuminé et mystique. Je dirais qu’il est un lien avec ce que notre culture n’a cessé d’oublier, de diaboliser, de galvauder… comme l’intuition, l’écoute de nos sens et la connexion à nos besoins fondamentaux.

Le voilà donc professionnel jusqu’au bout des doigts. Il devient officiellement un « homme de main », en ouvrant, en 2007, le « Palais du Bien-Etre »dans le centre de Roanne, bientôt rebaptisé « le Paradis du Bien-Etre ».  Pour celles et ceux qui tombent, pour mieux se relever, entre ses mains, l’expérience est celle d’un lâcher-prise, d’une retraite sensuelle et d’un recentrage sur les feux vitaux qui nous animent.

En 2011, il se rapproche de la nature et ouvre son centre dans l’ancienne ferme du château de Champlong à Villerest. Il travaille désormais avec 4 femmes et dépose la marque aux 3 D : « DaviDgranD SPA ».  En 2012, 2013 et 2014, il est sacré « Meilleures mains de France », dans différentes catégories, au concours national éponyme.  Il en est depuis le président de jury, vaguement tenté par les championnats du monde prochainement à Londres. Cette année, il devrait également être juré pour le concours du Meilleur Ouvrier de France…

La formation « DaviDgranD »

Les métiers du bien-être ayant dernièrement connu un essor considérable, David a mis en place un protocole de formation, tant technique que théorique, permettant aux établissements de trouver leur identité, et aux employés de se professionnaliser. Éthique,  savoir-faire et savoir-être sont les clés de voûte de son enseignement. Missionnaire habité des massages indiens, balinais, thaï, japonais…, prêcheur éloquent de la relaxation coréenne et de ses bercements, inventeur illuminé du massage dans le noir, David sème aux 4 vents, pour les professionnels comme pour les néophytes en quête d’enrichissement personnel. Et, pour les structures souhaitant un soin identitaire, il « incarne l’esprit Spa, ressent, écoute et crée, dans  l’application d’une résonance », ce soin signature sur-mesure.

Alors si, en un jour béni, le bien-être s’érige au rang d’art, et les mains à celui de patrimoine immatériel, David, en pourfendeur des  esprits chagrin et des émotions nouées, sera une évidence incontournable pour les nouveaux compagnons du devoir. Qu’il continue, en attendant ce juste retour des choses, à édulcorer nos réalités de ses mains instruites et à ramener au monde les vibrations oubliées.

DaviDgranD Le Paradis du Bien-Être
100 Chemin de la Chapelle – 42300 Villerest
04 77 23 01 98
www.leparadisdubienetre.fr