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Interview

Thierry Chevrier

31 mars 2026 31 mars 2026 Alexandra TISSOT125 views

Biologiste et photographe animalier

INTO THE WILD

Bien sûr, il y a Wonder Woman, ses bracelets indestructibles et son lasso de vérité ; Spider-Man, son adhérence aux surfaces et ses sens d’araignée ; Scarlet Witch, sa magie du chaos et sa télékinésie ; Wolverine, ses griffes en adamantium et sa résistance aux maladies. Il y a, aussi, Supergirl et sa super ouïe, Jean Grey et son pouvoir cosmique du Phénix, Invisible Woman et sa projection d’énergie, Doctor Strange et ses sorts mystiques, ou encore, allons-y, Nebula et ses améliorations cybernétiques. Entre super-force, supervitesse, super-intelligence stratégique, contrôle de la foudre, vision laser, endurance extrême, invulnérabilité, empathie psionique et autres souffles glacés… le commun des mortels a, c’est certain, de quoi se sentir tout petit devant les superpouvoirs de ces super-héros sortis de la nébuleuse, de la cuisse de Jupiter, de la tête de Zeus, des studios Marvel ou de leur propre légende. Oh, il existe bien, malheureusement, quelques spécimens humains se prenant pour des mythes vivants ou les lumières du siècle. De-ci, de-là, un américain et sa super-mèche anti-migrants et droit des femmes à l’avortement, un français et son super-Z anti-wokisme, un argentin et sa super-tronçonneuse anti-assistés, un russe et son super-botox anti-occidentaux, un hongrois et son superchristianisme anti-LGBT, etc., etc., etc. Que ne se sont-ils contentés des super-pouvoirs que la nature nous a donnés, d’amour, de création, d’imagination, de langage, de mémoire collective, d’empathie ou de capacité à rêver plus loin que soi, sans aller jusqu’à projeter de coloniser Mars toutefois. En somme, des super-pouvoirs du vivant.
Car il y a, dans le vrai monde cette fois, toute une pléiade, par définition remarquable, un cortège, invisible souvent, de super-êtres discrets, moins consciemment philanthropes que Bruce Wayne mais plus authentiques que Batman, qui défient incognito les limites de notre imaginaire et seraient loin d’être ridicules à Gotham City ou dans quelque univers fictif, où les forces du bien affrontent celles du mal, que ce soit. Ceux qui gèlent et dégèlent sans périr, changent de forme à l’extrême, peuvent survivre au vide spatial, sont capables de jets chimiques brûlants ou de détection magnétique, produisent des toxines puissantes, une soie ultra résistante et, bien lancés, de l’électricité, qui parfois bénéficient d’une quasi-immortalité cellulaire, peuvent porter jusqu’à 850 fois leur poids, ont une vision télescopique, à 360° ou ultraviolette, pourquoi se priver. Des reines de la procréation aux rois de l’illusion, des éclairs de clairière aux stratèges furtifs, des maîtres de la nuit aux terrassiers invincibles, des acrobates des bois aux boucliers vivants, des snipers aériens aux radars ambulants, des régénérateurs aux sprinters puissants… les animaux sauvages sont des génies qui s’ignorent, ou sont au monde en toute humilité, et portent en eux la clé d’un mystère inaccessible à notre sensibilité.
Thierry Chevrier, dont le nom pouvait à peine mieux tomber, est biologiste et photographe animalier. La région du fleuve Loire, ses forêts, ses étangs, ses plaines et montagnes, lui ont inspiré un livre, « Pouvoirs Sauvages », qui donne à voir toute la beauté extraordinaire d’une nature… ordinaire. Alors oui, à la rencontre de cette faune libre et sublime, arrêtons tout vacarme, cessons toute mainmise et laissons-nous charmer par tant de souveraineté à admirer.

Bonjour Thierry. Pour commencer, d’où venez-vous et d’où vous vient cet attachement au sauvage ?

-Je viens des montagnes du matin, de Bussières exactement. Et donc, de la ruralité. Mes parents étaient cultivateurs et m’ont transmis l’attachement à la terre. J’ai appris la patience et la vie au rythme des saisons. J’ai toujours côtoyé, aussi, les animaux domestiques et j’ai eu, très vite et d’aussi loin que je me souvienne, une attirance pour les animaux sauvages. Ç’est mon fil conducteur.

En effet, car vous n’êtes pas « seulement » photographe de la faune sauvage, mais également biologiste. Quel est votre parcours ?

-J’ai étudié à l’Ecole Forestière de Meymac, en Haute-Corrèze, puis j’ai intégré l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, qui est devenu depuis l’Office Français de la Biodiversité. J’ai ensuite rejoint le Centre National d’Etudes et de Recherches Appliquées Cervidés-Sanglier et faune de montagne pour y faire, comme son nom l’indique, des recherches, sur les grands herbivores sauvages.


Et plus précisément ?

-Et bien je travaille sur les relations entre les grands animaux et leur environnement, les indicateurs de suivi des espèces et des milieux. Pour cela, il faut les capturer, les marquer, les relâcher, les suivre sur plusieurs années, puis étudier les variations environnementales. Je crois que l’envie de les capturer en photo, sans aucune perturbation et pour l’éternité, est à l’origine du livre.

Parlons-en, justement, de votre livre « Pouvoirs Sauvages », qui reprend dans son titre votre fil conducteur… comment s’est construit ce projet ?

-L’idée d’un beau livre de photos grand public était là bien sûr, mais la rencontre avec la maison d’édition De Borée a été déterminante. Elle m’a fait confiance et m’a incité à adjoindre aux clichés un contenu pédagogique et une narration poétique. J’ai donc mis en récit environ 10 ans de photos prises dans nos campagnes et forêts, celles des environs de Feurs, Montbrison, Roanne…

Le résultat est un ouvrage de 180 pages, 150 photos de 80 espèces différentes, pour nous donner à voir cette biodiversité considérée comme « ordinaire », et qui pourtant est extraordinaire…

-Oui, et c’est le but de ce livre : montrer que la faune dite commune possède en réalité des facultés hors du commun, des pouvoirs cachés, au-delà de sa beauté sauvage. Ces espèces, que nous croyons connaître, constituent ce que j’aime appeler notre « patrimoine », dont nous faisons nous-mêmes partie. Un patrimoine à préserver et à transmettre tel qu’il est. Cet ouvrage est une sorte de plaidoyer, à la portée de tous.tes, pour la reconnexion au monde sauvage, pour montrer l’importance de notre coexistence, de notre cohabitation.

Vous êtes un peu le témoin de cette biodiversité, à chérir et à respecter ?

-Disons que je me sens comme un invité discret, qui a le devoir de rendre compte de ce qu’elle est. A plus grande échelle qu’avec mon métier de chercheur sur le terrain, dont les articles sont lus dans un cercle restreint. Là, j’ai voulu vulgariser, informer.

Où exercez-vous votre métier aujourd’hui ?

-Un peu partout au niveau national, après avoir travaillé plus spécifiquement dans le Nord Est et dans le massif des Bauges. Je vis maintenant dans les Alpes du Sud, mais je suis très régulièrement forézien.

Comment en êtes-vous venu à la photo ?

-Au départ, c’était à des fins professionnelles, avec des pièges photos pour repérer les espèces, et c’est devenu une passion tout naturellement. Je trouve ça extraordinaire, de voir des animaux sauvages vivre leur vie sous mes yeux. Je peux « capturer » leur quotidien en toute innocuité. A présent, quoi que je fasse, j’ai presque toujours l’appareil avec moi, pour être prêt à capter la magie à chaque instant.

Quelles capacités avez-vous développées au contact de cette pratique ?

-La patience surtout. La régularité, car la récurrence fait le succès, la discrétion, l’observation. Pour que les animaux sauvages nous laissent rentrer dans leur intimité, il faut les connaître, montrer patte blanche et ne pas les déranger, savoir les laisser tranquilles quand ce n’est pas le moment. Quand je vois qu’une femelle est pleine par exemple, je n’essaie pas de la photographier à nouveau pour ne pas la stresser. Le plus souvent, les animaux savent que vous êtes là. Ils vous tolèrent quand ils sentent que vous ne représentez pas un danger et que vous gardez vos distances.

Avez-vous recours à la mise en scène ?

-Pas du tout. Je fonctionne sans appât ni piège photo. J’ai juste une tenue de camouflage, et une bonne endurance aux crampes… Le secret c’est le repérage, car les animaux sont souvent très fidèles aux horaires. Savoir prendre le temps est capital, les animaux le font naturellement, nous beaucoup moins. Savoir observer aussi. Par exemple, en voyant depuis ma voiture qu’un champ de trèfles venait d’être fauché, j’ai supposé que des cigognes allaient arriver pour se régaler de sauterelles, et ça n’a pas loupé. Il faut aussi se laisser porter… parfois je cherche à photographier un martin pêcheur, et c’est une chevrette qui se présente. Et puis, il y a ces choses qu’on ne voit pas lors de la prise de vue, et qui se révèlent au tirage, comme cette grenouille en train de m’observer, que je n’avais pas remarquée… Je ne retouche pas ou peu mes photos. La plupart du temps, je les recadre simplement.

Les interactions sont-elles possibles ?

-Oui, mais il ne faut pas les pousser, chacun doit rester à sa place. Mais les animaux sont très curieux en général. Ils s’approchent parfois pour affiner leur analyse de cet intrus que je représente. Ça donne des scènes uniques, comme ce levreau qui est venu à mes pieds, avant de me faire une démonstration de ses capacités.

Et quels sont-ils, alors, ces extraordinaires pouvoirs sauvages ?

-D’abord ils sont innombrables et, pour certains, encore inconnus sûrement. Certaines espèces ont l’oreille absolue, ou un véritable GPS olfactif intégré, d’autres sont capables de voir l’invisible, ou de se fondre dans le décor avec un mimétisme absolument dingue. Les animaux sauvages peuvent être ingénieurs du son, choristes, tous terrains, grands séducteurs, ultra rapides, résilients, etc. Ils apprennent d’une génération à l’autre, transmettent le savoir ancien de l’instinct. Imaginez-vous qu’une chevrette est capable de diapause embryonnaire, soit de mettre à l’arrêt le développement de son fœtus après le rut de l’été, pour le réactiver à la sortie de l’hiver et ainsi donner naissance au moment où les conditions sont optimales.

C’est un super-pouvoir, en effet. Lequel peut-on vous souhaiter ?

De continuer à m’émerveiller de cette biodiversité qui nous entoure, d’amener les lecteurs à partager cet émerveillement, et l’envie de le faire perdurer.

tcphotographie42@gmail.com
www. flickr.com/photos/thich

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Alexandra TISSOT31 mars 2026

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