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Interview

Dubost Nature

9 février 2026 9 février 2026 Alexandra TISSOT19 views

L’ APPEL DE LA FORÊT

Chiens de Traîneau au Col de la Loge

A première vue, ça paraît un peu loin, tout çà. Les -20 degrés qui gèlent nos vibrisses ou tout poil aventurier, les doudounes déperlantes, respirantes, qui ne laissent aucun courant d’air froid s’infiltrer, les chapkas en fourrure qui sentent l’ours mal léché, les gants Thinsulate le trappeur islandais et les chaussons thermiques le phoque dont la peau est mal barrée… On se dit que c’est un rêve arctique, les masques couvrants, les sous-couches techniques, le volume isolant, quand il n’est pas en plumes de canard ou en duvet d’oie, quand on nous fait grâce de la peau lainée d’agneau ou de sa fourrure frisée, quand aucun lapin rex, aucun renard, aucun vison n’a pour notre sauvegarde à reposer en paix, puisqu’au pays du Gore-Tex, plus besoin d’animaux pour réchauffer nos carcasses qui peuvent se contenter de polyester recyclé. On imagine que ce n’est pas pour nous, le feu pour éloigner les loups, les portions de gras pour nous sentir léger.es, et ce blanc immaculé, aussi lunaire que polaire, qui nous aveugle dans un calme feutré. Et puis soudain, un mousqueton qui lâche, une chaîne qui casse, un harnais grignoté, et tous ces chiens qui hurlent de concert avant de s’élancer. Le silence alors, à peine troublé par les pas chassés de pattounes toutes doublées, le crissement d’un traîneau qui fend l’immensité, les langues qui pendent pour mieux ventiler, et un musher qui savoure ce ballet nordique, cet « into the wild » qui n’a pas l’air sorcier.

Et pourtant. A quelques encablures de nos demeures ligériennes, un des cols des Monts du Forez nous permet l’expérience de la meute en territoire sauvage mais non hostile, dans une nature domestiquée mais non défigurée. Mieux vaut un tiens un petit nord que deux grands nords tu auras. Au Col de la Loge donc, un meneur de chiens, Christian Dubost, nous envoie balader hiver comme été sur les pistes du domaine, qui sont à ses Crocs Blancs ce qu’un bain de boue est à l’éléphant. Ses 25 huskies (traduit de l’anglais : « enroués ») sont aussi doux que sportifs, aussi sociables que sensibles, aussi prompts à choisir l’amour d’un maître bienveillant qu’à partir à l’assaut des chemins de traverse. L’histoire ne dit pas s’ils sont nés des amours d’un loup et de la lune, et s’ils hurlent plutôt que d’aboyer pour faire venir leur mère à eux. Mais les faits sont là, et leur queue en croissant a des airs de famille qu’on ne peut pas nier, tout comme il difficile au canis lupus, même peu enclin aux responsabilités familiales, de ne pas reconnaître sa paternité.

Bienvenue dans la vie d’un musher, qui doit en partie au peuple Tchouktche (2000 av. J-C, Sibérie orientale) et à leur système méthodique d’élevage, le caractère affectueux de ses chiens de trait. Une vie au grand air, sans vacances et sans regrets, à partager le rythme de peluches hyperactives qui font sa joie comme sa notoriété.

Christian, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire comment vous êtes devenu musher ?

– J’ai grandi dans un petit village d’Auvergne dans une famille d’agriculteurs, avec beaucoup de chiens que je me suis amusé très tôt à atteler. Je ne pensais pas en faire un métier bien sûr, et je suis devenu ébéniste, mais la passion est restée. J’ai eu mes premiers huskies vers 20 ans et j’ai appris à travailler avec eux, en loisir d’abord. Et puis, en 2000, c’est devenu sérieux, et j’ai commencé à proposer au public des promenades en traîneau au Col de la Loge, en partenariat avec la station. Je n’ai plus jamais arrêté…

Vous êtes donc complètement autodidacte ?

– Oui. J’ai toujours eu un lien fort avec la nature et les chiens nordiques. J’ai également été éducateur canin pendant 10 ans. Et l’expérience a fait le reste. Je n’ai jamais fait de courses, jamais sorti le chronomètre, mais j’ai un agrément de l’Éducation Nationale. Ce qui m’intéresse, c’est de faire découvrir ma meute de huskies aux gens.

Hiver comme été ?

– J’ai commencé par l’hiver, sur un parcours qui m’est réservé et que la station entretient, tout en poursuivant mon activité d’ébéniste. En 2012, je suis devenu musher à plein temps et en toutes saisons, en démarrant l’attelage sur roulettes. Depuis, je ne travaille le bois que pour moi et mes proches.

Justement, comment se déroulent les activités en été ?

– Le traîneau laisse place à un attelage sur roulettes. Le principe reste le même : une quinzaine de chiens tractent, avec la même énergie, sur un circuit forestier du Col de la Loge. Les paysages changent, les couleurs évoluent du printemps à l’automne, et c’est superbe. On propose différents parcours de 3 à 9 km, accessibles à tous, avec explications tout au long de la balade. Les enfants adorent. Et c’est la seule activité proposée toute l’année à la station.

Et en hiver, on retrouve l’image classique du traîneau dans la neige…

– Exactement ! Avec des traîneaux en bois de frêne que je fabrique moi-même, et sur des pistes damées par la station. Chaque attelage est composé de 10 à 12 chiens. On part pour des parcours de 1 à 3 km, avec même une petite portion hors-piste pour les amateurs de sensations fortes. À l’arrivée, une cabane nous attend pour nous réchauffer autour d’un bon feu de bois, avec une boisson chaude. C’est un vrai moment de partage et de convivialité, dans un espace magnifique, à 1300 mètres d’altitude.

Combien de chiens avez-vous en tout et à quoi ressemble votre vie avec eux au quotidien ?

– J’en ai 25, qui vivent dans un chenil construit à côté de ma maison. Mais ils ont également accès à un immense parc où je les lâche tous ensemble. Certains sont nés ici, d’autres m’ont été confiés par des maîtres qui n’arrivaient plus à s’en occuper. J’ai autant de mâles que de femelles, qui sont pour la plupart stérilisées. Je les garde tout au long de leur vie et m’en occupe beaucoup au quotidien. Il y a le nourrissage, dans un ordre bien précis pour ne pas froisser la hiérarchie, les soins, les câlins, l’éducation, la gestion des conflits, etc. Bref, c’est un travail-passion. Disons que je suis un peu un paysan sans vaches.

On dit souvent que les Huskies sont des chiens particuliers…Qu’est-ce qui les rend si uniques ?

– Ils sont très proches de l’homme et naturellement gentils. Les Husky n’aboient pas beaucoup, ils ont plutôt tendance à hurler. D’ailleurs, on les entend en ce moment… Ce sont aussi de vrais artistes de l’évasion mais ce sont des chiens très équilibrés, et on peut leur faire totalement confiance avec les enfants. Je les sociabilise très jeunes, vers 2-3 mois, mais ils ne travaillent pas avant 1 an, puis ils sont mis progressivement à la retraite vers les 12 ans. Ils ont tous un nom bien sûr et sont différenciables par leur robe et leur caractère. Il y a les dominants, les timides, les perturbateurs, il y a ceux qui sont des vraies machines, et ceux qui préfèrent être figurants…

Mais ils aiment, quoi qu’il en soit, l’attelage…

– Oui, car ces chiens ont besoin de beaucoup se dépenser. C’est arrivé une fois qu’ils partent sans personne à bord tellement ils avaient envie d’y aller… Heureusement, ils ont fait le tour habituel et sont revenus gentiment. Et puis, ils adorent le contact avec les gens, ils savent que c’est le moment des caresses et ils n’attendent que ça. Mais ils aiment bien, aussi, retrouver le confort de la maison. Même s’ils sont très robustes, je ne les laisse pas dormir dans la neige…

A qui s’adresse cette expérience aux côtés de votre meute ?

– Absolument à tout le monde. Adultes, enfants, groupes, personnes en situation de handicap… C’est une activité très inclusive. Mais il faut penser à réserver, et à venir correctement équipé car c’est une immersion totale dans la nature.

Que peut-on vous souhaiter ?

– De continuer à nager dans le bonheur ! J’ai 58 ans et j’ai un si joli bureau que je ne compte pas arrêter de travailler tout de suite… Qui sait, j’ai deux fils et un petit-fils, peut-être que l’un d’entre eux voudra prendre le relais. Je rencontre beaucoup de jeunes motivés, mais qui doivent aujourd’hui passer par un diplôme en bonne et due forme. Alors ce qu’on peut me souhaiter… c’est que ça dure encore 50 ans…

Christian Dubost
07 61 11 07 89
dubost.cri@orange.fr
www.dubost-nature.com

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Alexandra TISSOT9 février 2026

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