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Idées de Lectures

Idées de lectures sur la région roannaise

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Librairie Le Carnet à Spirales

BD – « L’Odyssée d’Hakim »-Tome 1
Auteur : Fabien Toulmé
Édition : Delcourt

Mettre des visages sur des drames, suivre au plus près la fuite, être précis jusque dans les moindres détails afin de mieux se sentir concerné, tel est le projet de Fabien Toulmé, l’auteur, entre autres, du très beau  « Les deux vies de Baudouin, en 2017. Hakim ne sera donc pas un nombre de plus, un individu recensé, un parmi la longue litanie des quotidiennes informations égrenant, laconiques, un chapelet de naufrages, de noyades. Fabien Toulmé  a rencontré Hakim, réfugié syrien, dans leur désormais ville commune : Aix en Provence. Il a alors souhaité, afin de donner âme et corps à son projet, dessiner et écrire l’Odyssée d’Hakim. Car oui vraiment c’est une incroyable odyssée que d’essayer de rester en vie quand on fuit. En Syrie, la guerre éclate. Hakim vient d’être torturé.  Il part, laissant sa famille, ses enfants, son entreprise, sa vie pour tenter de la conserver, de la reconstruire, dans un pays plus humain. Fabien Toulmé retrace donc le parcours d’Hakim en 304 pages d’un dessin sans pathos ni fioritures de la Syrie à la Turquie. Bouleversant, le récit oscille entre violence et espoir, le  témoignage dessiné d’une vie de migrant, par un illustrateur humaniste, qui brise l’indifférence.


BD – « Didier, la 5e roue du tracteur »
Auteur : Pascal Rabaté / François Ravard
Édition : Futuropolis

Retrouver Rabaté est toujours un plaisir alors lorsqu’il partage l’affiche avec François Ravard, celui-ci est doublé…  Didier est agriculteur, célibataire, un peu rond, un peu picoleur, circulant en mobylette, vivant sous le toit de sa soeur Soazig. Cette soeur qui désespère de le voir seul. Elle se met donc en quête et en tête de lui trouver le « grand amour » via un site de rencontre. Didier, quant à lui, possède ses propres critères. Il souhaite vivre avec une femme «rigolote », lui qui manie l’humour avec habilité et demeure farceur. S’ensuit alors une quête amoureuse vécue comme une chasse aux trésors. Simpliste selon vous ? Cette bande dessinée drôle et énergique évoque la campagne, la désertification, la difficulté de vivre seul et celle de trouver à ne plus vivre seul. Des sujets forts abordés avec tendresse pour une bande dessinée incitant au bonheur.


BD Jeunesse – « Kong-Kong »
Auteur : Vincent Villeminot
Illustration : Yann Autret
Édition : Casterman

Abélard est un jeune garçon plein de malice et de rêves. Un vrai gosse donc. Alors quand ses parents lui annoncent qu’ils vont emménager dans une tour, lui imagine dès lors un château formidable, avec un pont levis, des tours, des créneaux et pourquoi pas alors devenir chevalier. Oui pourquoi pas… La déception est immense, bien entendu. La machine à rêves tombe en panne comme l’ascenseur d’ailleurs, et les 82 étages à gravir sont forcément bien éprouvants. Heureusement dans ce château en toc, vit une princesse, la jolie petite Héloïse. Ces deux-là vont devenir inséparables. Mais pourquoi « Kong-Kong » alors ? Car un gorille vit sur le toit de l’immeuble, tout simplement… et c’est Héloïse qui en a la charge. Tout simplement ! C’est le premier tome des aventures d’Héloïse et d’Abélard et quand on connaît l’imagination débordante de Vincent Villeminot, il ne reste plus qu’à attendre les suivants avec l’impatience d’un enfant.


ROMAN – « Là où les chiens aboient par la queue »
Auteur : Estelle-Sarah BULLE
Édition : Liana Lévi

Une plongée superbe en terres guadeloupéennes dans les années 40, dans un petit village isolé, à la rencontre de personnages hauts en couleurs, d’une famille : Les Ezechiel.  Le grand-père, ce roc immuable posé sur son morceau de terre, Hilaire, les tantes dont la très fameuse Antoine que la narratrice cuisinera pour goûter l’ambiance de vie mais aussi pour comprendre le chemin que traceront ces tantes de l’île à la capitale. La lecture de ce livre est une joie accentuée par l’insertion habile d’expressions créoles tendres, drôles ou caustiques, dont ce titre énigmatique et imagé. C’est également un livre de mémoire, avant que celle-ci ne disparaisse, la mémoire de ces français d’outre-mer venus s’expatrier par l’intérieur en métropole. Estelle-Sarah Bulle donne corps à ces corps déplacés, de la couleur de l’île à la grisaille banlieusarde, du commerce bringuebalant, indispensable et joyeux à celui chiche et procédurier de la capitale. C’est un hommage à cette génération, dure à la tâche, forte en gueule, déracinée. Un premier roman tendre et ample, une superbe découverte de la rentrée littéraire dont les personnages suivront longuement le lecteur une fois le livre refermé.


ROMAN – « Capitaine »
Auteur : Adrien BOSC
Édition : Stock

Marseille, 24 mars 1941, un paquebot défraichi, couchettes de bric et de broc, prend la mer emportant à son bord un incroyable contingent d’intellectuels et d’artistes, « réprouvés de Vichy », et d’inconnus, fuyant l’ennemi afin de se rendre en Amérique. Citons alors pêle-mêle André Breton, Lévi-Strauss, Victor Serge, Anna Seghers. Voyage en haute mer, en haute littérature, ce « Capitaine » est un roulis permanent, ne laissant au lecteur aucune chance de s’appuyer calmement contre le bastingage du paquebot. Histoires, anecdotes, digressions sont autant de vagues qui plongent celui-ci dans un bouleversement de ses habitudes littéraires. Il faut embarquer, avoir un peu le pied marin et se laisser aller à cette érudition habile et distrayante loin d’un catalogue appliqué de connaissances. Incroyable traversée, ce « Capitaine », comme une certaine « Boussole » ne laissera pas indifférent. 


ROMAN – « Balles perdues » Auteur : Jennifer CLEMENT
Édition : Flammarion
Trad. anglais : Patricia Reznikov

Après le bouleversant « Prières pour celles qui furent volées »*, « Balles perdues » confirme le talent de Jennifer Clément à nimber son univers d’une petite musique toute doucereuse qui tranche follement avec la violence ou la douleur des situations. Le choc est alors plus rude encore. Margot et sa fille vivent dans un coin paumé de Floride, dans leur voiture, maison Mercury, trésors dans la malle, au milieu de quelques caravanes et mobil-homes. La mère pose sur le monde un regard de grande naïveté, croyant encore, malgré les turbulences, pouvoir déceler la beauté en chacun.  Pearl, la fille, se contente de l’amitié nouée dans ce camp de fortune avec Avril May, et décrit le monde avec une franchise déconcertante. La vie s’écoule, finalement sans heurts. Apparaît alors Eli, le nouvel amant de Margot, trafiquant d’armes malsain qui sèmera la zizanie dans ce bonheur précaire.  Brillant.


 

Par la Librairie  LE CARNET À SPIRALES   
3 bis Place de la Bouverie – CHARLIEU 

IDÉES LECTURES Nov. – Déc. PAR LIBRAIRIE MAYOL – 12 RUE CHARLES DE GAULLE – ROANNE

BD ADO/ADULTE – Momo tome 1 et tome 2 de Jonathan Garnier & Rony Hotin – Casterman

Les années 80, en Normandie. Momo est une petite fille malicieuse qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle vit auprès de sa grand-mère dont on peut dire qu’elle a un sacré caractère (tiens, tiens!!) qui s’occupe de sa petite fille quand le papa, pêcheur, disparaît pendant de longues périodes. Cheveux courts, sac jaune en bandoulière et bottes de pluie, Momo va vous bousculer, vous émouvoir et vous faire rire : un vrai petit tourbillon de fraîcheur. Elle va faire remonter à la surface des sentiments de l’enfance, quand l’amitié dépasse les apparences, quand les chagrins ont le goût de fin du monde, quand les victoires sur les peurs irrationnelles rendent invincibles et que les regards savent encore s’émerveiller de la beauté de la nature.

« Rony Hotin, le dessinateur, venu du monde de l’animation, privilégie les mimiques au décor rendant les personnages très expressifs, on sent l’influence des dessins animés japonais, on pense immédiatement aux personnages de Miyazaki.

Beaucoup d’émotion dans cette jolie BD qu’il ne faut pas manquer : petits et grands vont adorer ! »


BD ADO/ADULTE  – Chroniques d’une citoyenne ordinaire engagée de Muriel Douru – Hugo Images

Environnement, cause animale, défense des minorités sexuelles. Avec ses Chroniques d’une citoyenne engagée, Muriel Douru appelle le lecteur à la réflexion. Elle y expose ses coups de gueule, ses joies et ses peines, dans un monde dans lequel chacun reconnaît qu’il y a des problèmes mais semble avoir les pieds pris dans un bloc de ciment. Que faire ? Sans apporter de réponse définitive, l’illustratrice met des mots et des images sur ses doutes et interrogations, nous invitant à réfléchir sur notre mode de vie. Une citoyenne qui dénonce avec justesse, humour (parfois noir) les paradoxes d’un monde violent et individualiste.

« Muriel Douru est une illustratrice professionnelle, elle a réalisé le premier livre sur l’homoparentalité à destination des enfants en France.. »

 


BD TOUS PUBLICS – Le premier homme de Jacques Ferrandez d’après l’œuvre de Camus – Gallimard

Le premier homme a failli ne jamais être publié. En 1960, Albert Camus meurt dans un accident de voiture. On a retrouvé, dans les débris éparpillés, une sacoche contenant 2 carnets manuscrits: Camus souhaitait en faire un Guerre et Paix sur les Français en Algérie.

Roman inachevé, publié 34 ans après sa mort, il nous laisse à voir le travail littéraire de l’auteur, sans retouches, qu’en perfectionniste Camus n’aurait pas manqué d’apporter.

« Le travail de Jacques Ferrandez transmet l’essentiel de l’œuvre en préservant des zones de mystère: la bande dessinée, toute en bleu et jaune, mer et soleil, et en sépia, raconte une ville que Ferrandez connaît tellement bien, elle permet aussi d’imaginer entre les cases, au-delà du texte et au-delà de l’image, de remplir les blancs. Le dessinateur nous plonge dans l’enfance de l’écrivain, sa relation si particulière avec son instituteur qui lui offrit la possibilité d’étudier, mais aussi, à travers l’histoire familiale du personnage (qui rejoint celle de Camus), de ces Européens venus construire une nouvelle vie en Algérie, restituant la dureté de leurs vies, leur quotidien, puis les tensions des années 50 liées à la décolonisation. Une très belle BD pour découvrir ou re-découvrir Camus. (Après L’hôte et L’étranger également adaptés par Jacques Ferrandez) »


Roman – Bakhita – Véronique OLMI – Albin Michel

Véronique Olmi nous offre un roman si émouvant et si lumineux que sa lecture vous laisse étourdi. C’est le destin d’une sainte qu’elle nous conte : la vie de cette petite fille enlevée au Soudan par des marchands d’esclaves musulmans, vendue et revendue plusieurs fois sur les marchés de Khartoum. La sidération de l’enlèvement lui fait oublier son nom : on l’appellera Bakhita « la chanceuse », parce qu’elle est belle et donc source de profit. Sa beauté ne lui épargnera pourtant pas les coups, l’humiliation, les scarifications à vif. Le cours de son destin va se renverser lorsque le consul d’Italie à Khartoum en fait l’acquisition. Cet homme, sans remettre en question l’esclavage, est touché par la modestie et la détermination de cette enfant (elle a 14 ans) et finit par céder à ses supplications : il l’emmène en Italie. Si elle échappe aux mauvais traitements, elle ne peut pas fuir son passé d’esclave, sa couleur de peau, son vocabulaire hésitant, autant d’obstacles qu’elle parviendra pourtant à surmonter grâce à une volonté que rien ne semble faire vaciller. Pourtant l’auteur sait nous faire entendre la douleur, l’arrachement à sa famille et à sa terre, sa mère qu’elle imagine l’attendant au village, sa sœur esclave quelque part, qu’elle ne peut libérer.

« La sensibilité du propos, la force de ce personnage si touchant, la brutalité et la noirceur auxquelles succèdent la douceur et la simplicité de cœur de ce personnage qui, enfin libre de ses choix, se tournera vers Dieu, font de ce roman un incontournable de cette rentrée littéraire. »


Roman – Le jour d’avant – Sorj CHALANDON – Grasset

Catastrophe de Liévin. 27 décembre 1974. Dernier accident minier en France. 42 morts : en fait, 43 car pour Michel Flavent, son frère, sorti grièvement blessé de la mine et mort quelques jours plus tard dans une chambre d’hôpital, n’est pas reconnu officiellement victime de cet accident, il ne figure pas sur la plaque commémorative qui sauve de l’oubli 42 noms mais pas celui de ce frère tant aimé. Comme une enquête, remontant le fil des évènements et cherchant à mettre un nom sur un coupable, sous l’injonction d’un père qui lui a laissé pour tout testament, une phrase : « venge-nous de la mine », Michel va porter pendant 40 ans cette culpabilité et ce désir de vengeance, jusqu’à l’obsession.

« Il faut lire le réquisitoire terrible de l’avocat général et la plaidoirie poignante de la défense dans un procès qui ne désignera jamais de coupables. Un hommage aux mineurs qui ont le charbon dans le sang, un hommage à ceux qui en meurent de cette mine, d’un coup de grisou ou rongés par la silicose, à ces hommes fiers de leur métier. Un récit puissant et prenant, avec en fond sonore les notes de musique de « Jojo », la chanson de Brel.. »

 


Roman – Le Sacrifice des Dames – Jean-Michel Delacomptée – Robert Laffont

Hongrie, XVIè siècle. Alors que le Royaume se trouve menacé par les volontés conquérantes de l’Empire ottoman, une jeune femme, fille d’un haut dignitaire, se confronte à un père qu’elle juge trop défaitiste, voire fataliste: « Eh bien si les Turcs doivent venir, j’apprendrai le Turc », lui confie-t-il entre deux gorgées d’eau-de-vie…. Patriote jusqu’au bout des ongles, passionnée du jeu d’échec, Judith va affiner ses stratégies tout en lisant assidument Machiavel et parvenir à provoquer une réelle partie d’échec censée bouleverser toute la diplomatie de l’Europe centrale et du Proche-Orient, afin de sauver la Hongrie d’une probable conquête.

« Le Sacrifice des Dames, c’est une écriture dynamique et enlevée, une solide documentation, qui permet à Jean-Michel Delacomptée de placer son intrigue dans un réel contexte historique, tout en dépeignant ses personnages sans concession aucune, voire parfois avec une pointe de sarcasme, qui nous les rend plus vivants, et même actuels. Un petit bijou de cette rentrée littéraire qui ne manque pas de s’inscrire aussi dans certains questionnements de notre société d’aujourd’hui. »

IDÉES LECTURES PAR LIBRAIRIE MAYOL – 12 RUE CHARLES DE GAULLE – ROANNE

BD ADO/ADULTE – EDELWEISS de Lucy MAZEL et Cédric MAYEN –VENTS D’OUEST Si l’amour est capable de déplacer des montagnes, il peut aussi aider à les gravir. Été 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le Mont-Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule …

IDÉES DE LECTURES

BD ADO/ADULTE- ORBITAL Tome 7 de Sylvain RUNBERG et Serge PELLE – Editions DUPUIS

Les Névronomes, ces mystérieux vaisseaux vivants, semblent de nouveau constituer une menace pour le monde. Disséminés dans toute la galaxie et jusqu’alors calmes, ils commencent en effet un à un à s’autodétruire violemment, créant des déflagrations d’une portée immense et décimant des villes entières. Avant qu’ils anéantissent toute civilisation, la Confédération, affaiblie par la guerre civile à peine terminée, n’a qu’une seule solution : elle doit retrouver Caleb, le seul qui dispose d’un lien symbiotique avec l’un des représentants de cette dangereuse espèce.

Ce ne sera pas une opération facile : depuis le massacre de Stockholm, les renégats ont fui dans leur Névronome et viennent de mettre le cap sur la grouillante Tatsuam, cité de criminels et zone de non-droit

Olivier : Le premier épisode de ce nouveau dyptique nous gratifie, comme d’habitude, d’un dessin magnifique et d’un scénario malin et foisonnant. Nous retrouvons Caleb et Mézoké pour notre plus grand plaisir, que l’on soit fan de SF ou simplement fan de BD d’aventure, dans ce space opéra « à la Valérian » .

 

 

BD ADULTE – CULOTTEES Tome 2/2 de Pénélope BAGIEU – GALLIMARD

Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : deuxième volet ! Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde… « Les Culottées » ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin.

Olivier : « En 4 pages Pénélope Bagieu nous raconte l’histoire de femmes aux destins variés, à des époques différentes et venant des 4 coins du monde. C’est drôle, documenté et instructif. »

 

 

 

TOUS PUBLICS – Irena Tome 1/3 de Séverine TREFOUEL, Jean-David MORVAN et David EVRARD – GLENAT

1940, l’armée nazie a envahi la Pologne. À Varsovie, les Juifs de la ville ont été parqués dans le ghetto : un quartier entier entouré de murs. Quiconque tente de s’en échapper est abattu sans sommation ; les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena vient tous les jours apporter vivres et soutien à ceux qui sont enfermés dans cet enfer. Ici, tout le monde la connait, les enfants l’adorent. Car Irena est un modèle de courage : elle n’hésite pas à tenir tête aux gardiens, à faire toujours plus que ce qu’autorise l’occupant nazi. Le jour où, sur son lit de mort, une jeune mère lui confie la vie de son fils, Irena se met en tête de sortir clandestinement les orphelins du ghetto.

Irena Sendlerowa, résistante et militante polonaise, fut l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Et pourtant elle est oubliée des livres d’Histoire… Avec Séverine Tréfouël et David Evrard, il retrace sur trois albums le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste ». Porté par un dessin d’une grande sensibilité, Irena réussit le tour de force de parler sans lourdeur d’un sujet fort, poignant et profondément actuel… Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui…

Olivier : Le portrait, en 3 tomes, de cette femme d’exception s’adresse à tous les publics malgré le sujet traité. Ce récit bouleversant ne vous laissera aucun répit.

 

« Manuel à l’usage des femmes de ménage » de Lucia BERLIN Traduit de l’anglais par Valérie Malfoy – Editions GRASSET

La publication de Manuel à l’usage des femmes de ménage révèle un grand auteur et un destin exceptionnel : Lucia Berlin, mariée trois fois, mère de quatre garçons, nous raconte ses multiples vies en quarante- trois épisodes. Élevée dans les camps miniers d’Alaska et du Midwest, elle a été successivement une enfant solitaire au Texas durant la Seconde Guerre mondiale, une jeune fille riche et privilégiée à Santiago du Chili, une artiste bohème vivant dans un loft new-yorkais au milieu des années 50 et une infirmière aux urgences d’Oakland. Avec un délicat mélange d’humour, d’esprit et de mélancolie, Berlin saisit les miracles du quotidien jusque dans les centres de désintoxication du sud-ouest des États-Unis, elle égrène ses conseils avisés et loufoques tirés de ses propres expériences d’enseignante, standardiste, réceptionniste, ou encore femme de ménage.

Dix ans après la mort de l’auteur, la découverte de Manuel à l’usage des femmes de ménage a constitué un événement littéraire majeur aux États-Unis, puis dans le monde entier. Comparée par la critique américaine à Raymond Carver et Alice Munro, Lucia Berlin est un grand écrivain injustement méconnu, un maître de la narration qui se nourrit du réel pour émerveiller son lecteur.

 

 

« L’oeuf de Lennon » de Kevin BARRY Traduit par Carine CHICHEREAU – Éditions BUCHET – CHASTEL

L’Œuf de Lennon imagine le voyage incognito du célèbre Beatles, en 1978, sur l’île qu’il a achetée au large de la côte ouest irlandaise quelques années plus tôt.

En pleine crise existentielle, John décide d’aller s’isoler là-bas pour y pousser son cri primal et se libérer de ses démons. Mais pour ce faire, il doit d’abord quitter discrètement la côte en compagnie de son chauffeur – à l’occasion guide spirituel – Cornelius O’Grady, sorte de Sancho Panza à l’irlandaise. De rencontres improbables en mésaventures, de séances de chamanisme en beuveries sous des cieux peu cléments, le voyage prend peu à peu des allures d’odyssée…

Tout à la fois portrait de l’artiste et ballade picaresque, ce roman est un voyage à travers la grandiose nature irlandaise et la non moins grandiose nature de Lennon. Portée par ce personnage qui semble dépassé par sa propre mythologie, la plume de Barry interroge l’acte créateur et la nature même de l’identité avec une féroce et délicieuse intelligence.

LES IDÉES DE LECTURES PAR FORUM MIROSE

Deux romans totalement différents. L’un évoque l’évanescence de nos vies, l’autre, la joie à les sauver de la douleur et de la mort.

« Comme l’ombre qui s’en va » d’Antonio MUNIOZ MOLINA – Aux Editions du Seuil 

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1987, un jeune espagnol part quelques jours à Lisbonne pour travailler sur un roman, mais peut être aussi mettre entre parenthèse son rôle de père et de mari qu’il a le sentiment de ne pas avoir choisi. 

Son livre devient une sorte de manuel d’écriture à l’attention des jeunes écrivains qui semble leur dire: écoutez de la musique, vivez la nuit, fumez, buvez, fréquentez les bars, les clubs de jazz et accédez à cet « état de somnambulisme lucide »… une vision presque romantique de l’écrivain. 

20 ans plus tôt Martin Luther King était assassiné par James Earl Ray qui s’enfuit à l’étranger. Il sera arrêté à Londres 2 mois plus tard et entre temps aura passé une semaine à Lisbonne. Tout le long du livre l’auteur passe de Ray à sa propre histoire. Il mélange réalité et fiction et comme quand on mélange deux choses de nature différente, il y a une réaction chimique, un précipité…ou comme un collage. Molina réussi à captiver avec l’histoire de Earl Ray, qui a passé sa vie à 

se perfectionner pour ne pas laisser de souvenirs, passer inaperçu… et l’auteur nous démontre que seule la fiction peut dévoiler ce qu’aucune archive, aucun témoignage ne saurait révéler. 

Et puis il y a Lisbonne.
Lisbonne pour lui c’est une expérience, Lisbonne dans les années 80 c’était « rencontrer l’exotique à côté du provincial ». Lisbonne c’est la ville ou des chats somnolent au soleil, continuant de vivre comme dans l’Egypte antique. 

« Les corps fragiles » d’Isabelle KAUFFMANN – Aux Editions Le Passage 

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Voici un livre qui rend un vibrant hommage à la première infirmière libérale de Lyon, Marie-Antoinette GALLAND qui a exercé sa vocation durant une grande partie du 20ème siècle. 

Dans ce récit magnifique, tout en finesse et délicatesse, Isabelle KAUFFMANN nous raconte le métier de Marie-Antoinette, ses premiers pas en tant qu’infirmière, l’approche des corps et des patients qui se fait avec beaucoup de sensibilité, l’empathie dont elle fait preuve lors des visites, au contact de ces «corps fragiles» avec qui elle partage un morceau de vie, de souffrance et de parfois de joie. 

Isabelle Kauffmann, d’une plume alerte et délicate, revient sur une vocation
déclarée très tôt, dès l’enfance. Marie-Antoinette à toujours voulu soigner,
soulager , conforter et réconfoter les malades.
D’une construction «anatomiale»- les chapitres ont pour titre une partie du corps
humain, les mains, le coeur, la tête…- ce récit fourmille d’anecdotes illustrant la manière dont cette infirmière dévouée a vécu, les patients qu’elle a rencontré, l’évolution des moeurs, mentalités et de la médecine. 

Une belle reconnaissance à celles et ceux qui font métier d’apporter soins et aides, qui consacrent une partie de leur existence à s’occuper des plus faibles sans en avoir toujours la considération. 

* Rencontre avec Isabelle Kauffmann pour le livre «Les corps fragiles» le Mardi 8 Novembre à 19h – Forum Mirose

FORUM MIROSE
4 RUE CHARLES DE GAULLE – ROANNE

LES IDÉES DE LECTURES PAR NEBULAR STORE

Voici notre sélection de lecture pour les fêtes de fin d’année

Adulte – Les voyages d’Ulysse de Sophie MICHEL et Emmanuel LEPAGE 

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Jules Toulet, peintre obscur de la fin du XIXeme siècle, a perdu sa muse : Anna. Le coeur dévasté et les poches vides il embarque sur L’Odysseus, un mystérieux navire au capitaine non moins mystérieux. Le capitaine Salomé l’accepte en effet à bord car elle s’intéresse à la peinture. En particulier, elle compte sur lui pour l’aider à retrouver un peintre, nommé Ammôn. 

Pourquoi ? Que lui veut-elle ? Au fil des vagues, Jules et le lecteur apprennent à connaître Salomé. Comme l’homme aux mille ruses son destin semble maudit des dieux. Comme autrefois le véritable Ulysse, le navire se heurtera sans fin à sa destinée contraire avant de rentrer à bon port. 

Ludovic : « Cette magnifique interprétation du mythe d’Ulysse est un hymne à la peinture, un hymne au voyage et à l’amour. De magnifiques doubles pages de paysages de mer.

Adulte – GUNNM MARS CHRONICLE de Yukito KISHIRO 

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Nous sommes sur Mars, une colonie terrienne où la vie est rude. Dans un orphelinat nous rencontrons Yoko, une jeune cyborg, et son amie Erika. Mais alors qu’elles commencent enfin à sympathiser avec les autres pensionnaires, le village subit une violente attaque de soldats 

Ce premier tome nous offre bien plus de choses que la simple fuite de deux enfants. Nous avons déjà droit à des mercenaires qui traquent Yoko, des enjeux politiques, un consortium spatial bien mystérieux réalisant des expériences douteuses et secrètes. 

Eddy : « C’est avec grand plaisir que j’ai découvert ce troisième opus de la série GUNNM. Il s’agit du préquel de la saga. Les éditions Glénat, rééditent en parallèle, la série complète de GUNNM. »

Jeunesse – Akki Le clan disparu de Pierre-Emmanuel DEQUEST 

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Terré dans des huttes balayées par un vent glacé, le clan des steppes se meurt. Les troupeaux jadis si nombreux ont disparu. La faim tenaille les membres du clan. Åkki, orphelin malicieux et intrépide, croit fermement la prédiction de la vieille chamane, Olma : pour survivre, il faut quitter la steppe et trouver la vallée des marmottes, dont les eaux foisonnent de poissons. Mais le clan s’y oppose, les chasseurs ne mangent pas de poisson ! 

Åkki et Olma partent alors seuls, décidés à affronter tous les dangers, à relever tous les défis pour sauver le clan. 

Ludovic : «Belle histoire pour les 8-12 ans, les personnages anthropomorphes sont attachants. Les quarante deux planches foisonnent de superbes paysages, tous en aquarelles »

NEBULAR STORE
4 PLACE DU MARCHÉ – ROANNE