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Christian Chavassieux écrivain – De l’essence de mots

Si j’avais su que je devrais un jour « écrire sur un écrivain », j’aurais noté, jeune fille, tous les mots passants des cabrioles verbales de Devos. J’aurais pu, aujourd’hui, même si je n’en mène pas large, faire illusion derrière des plis parlants et bien envoyés. Ah… si jeunesse savait.. Mais non, à l’époque, j’avais beau marcher au pas pour éviter qu’on ne me dise la messe, j’avais beau voir ses apparitions télévisuelles sur les injonctions d’un …

IDÉES LECTURES PAR LIBRAIRIE MAYOL – 12 RUE CHARLES DE GAULLE – ROANNE

BD ADO/ADULTE – EDELWEISS de Lucy MAZEL et Cédric MAYEN –VENTS D’OUEST Si l’amour est capable de déplacer des montagnes, il peut aussi aider à les gravir. Été 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le Mont-Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule …

GUILLAUME GRIFFON – AUTEUR DE BD

Par amour du jeu, nous aurions pu écrire des adjectifs sur de petits bouts de papier que nous aurions ensuite mélangés dans une urne. La main du hasard aurait peut être tiré les suivants : Sidérant, Piquant, Désopilant, Fendant, Délirant, Répugnant, Percutant, Sanglant. La règle du jeu, cette farceuse, nous aurait dit «maintenant débrouillez vous pour faire un portrait avec ça». Et nous aurions trouvé.

Il existe chez nous à Roanne, un dessinateur du 9ème art, Guillaume Griffon, en phase totale avec le résultat de ce tirage au sort qui n’a pas eu lieu. Avant même de le rencontrer, nous savions que nous pourrions replacer chacun des adjectifs sus nommés dans la description que nous ferions de son travail.

On vous présente cet auteur roannais de bandes dessinées dont l’actualité est en marche puisqu’il sort le 2 Février l’avant dernier album de sa série « Apocalypse sur Carson City ». N’ayez pas froid aux yeux, ne passez pas par la case brushing et rendez vous dans le monde des sales gueules. Si votre livre de chevet est le traité des bonnes manières suivant Nadine de Rothschild, un conseil : passez votre tour. Quoique…

DE L’EAU DE ROSE À L’HÉMOGLOBINE

En 1975 naît à Roanne une petite gueule d’ange destinée à tailler plus tard le portrait de démons ou de sauvageons pas beaux à voir. Guillaume, d’abord doué pour le dessin, se passionne ensuite pour les films d’horreur et fantastiques.

En premier lieu, il rêve d’être maquilleur, mais pas exactement pour farder les minettes de podiums ou les élégantes de plateaux télé. Non. Son genre à lui, ce serait plutôt les yeux qui saignent, les dents d’acier taillées en pointe et la peau pleine de vermine. Et sachez que les filtres sont en place pour ne pas vous effrayer.

Le dessin le rattrape à l’heure de choisir sa voie et Guillaume fait l’école Emile Cohl à Lyon, dont il ressort avec un diplôme d’illustrateur-dessinateur. Il part 18 mois en Floride et travaille pour Disney World en tant que caricaturiste, déguisé tous les jours en sacré français. Aucun cliché ne lui est épargné: esprit Montmartre, marinière, béret et petite cravate rouge à la Renaud. De retour en France, il se spécialise en 3D et infographie, toujours à Emile Cohl.

LA NAISSANCE DE BILLY WILD

Guillaume revient s’installer à Roanne, mais, l’amour, l’eau fraîche et les zombies ne suffisant pas à le nourrir, il travaille pendant 4 ans dans l’entreprise textile familiale, à la création de la collection masculine en collaboration avec une styliste. Parallèlement, il commence à noircir des pleines pages d’illustrations et se pointe finalement au festival de BD d’Angoulême avec son carton sous le bras. Là, on aime son dessin qui ne rentre cependant, (vive nous!) dans aucune case. Jusqu’à ce que son actuel éditeur, Akileos, refuse de laisser s’effacer ce coup de crayon. Il lui dégotte un scénariste et le 1er tome de Billy Wild sort en 2007. Dans le petit milieu de la BD underground, c’est un raz de marée noir et blanc qui devient culte très vite. Fatalement, car le résultat est sidérant, piquant, désopilant, fendant, délirant, répugnant, percutant et sanglant. Cà, c’est fait.

Guillaume quitte l’entreprise Griffon pour renaître à lui-même et se consacrer à l’histoire de Billy Wild… Un gars du Far West mal dans sa peau qui croise le diable et devient par son entremise la pire terreur de l’ouest. Une sorte de Sergio Léone horrifique et un peu mystique.

Dès le 2ème album, il prend ses marques scénaristiques et, lui qui a souvent été maître de jeu de rôle papier, assume bientôt illustrations et scénario.

APOCALYPSE SUR CARSON CITY

En 2010, Guillaume accouche seul et toujours en noir et blanc du 1er Apocalypse sur Carson City. Un accouchement bien entendu hémorragique, féroce et turbulent. Il voulait faire un remake des Morts Vivants, sous forme de patchwork « nanardesque », c’est-à-dire un pèle mêle de références à tout ce qu’il adore : les séries B décalées, les films Pop Corn avec effets spéciaux maison, les films d’action qui dégoulinent de transpiration, les films d’horreur typés ringards et tous ceux qui ne se prennent pas au sérieux en crachant du cliché à longueur de scènes.

Guillaume se laisse toujours des vides scénaristiques et il s’agit au final d’un mélange d’histoires à la Pulp Fiction, gravitant autour de gangsters en cavale dans une ville envahie par les zombies. Sept tomes d’amalgame totalement fluide où chaque personnage a une fiche signalétique. Notre came habituelle est plutôt du genre «Le Rouge et le Noir» ou « Retour à la terre » et contre toute attente, nous avons adoré Trap Jaw ou l’ogre de barbarie qui a la voix d’une fillette de 10 ans, American Ninja avec son bandeau à la Véronique et Davina qui lui glisse sur les yeux quand il transpire, ses héros qui ressemblent à Chuck Norris ou Steven Seagal, avec moustaches d’acteurs porno ou sabres d’argent frottés à l’ail…

Les albums commencent comme un film avec avertissements au public et autres annonces détournées, pour se terminer parfois par un « coupez » très 1er degré. Vous verrez des kms de tentacules, des carotides juteuses, des supercopters, un déchaînement de brutalités et de portes dégondées, des furies qui mettent les 4 doigts et le pouce, des gueules d’empeigne suppliciées, des tornades de requins blancs qu’on envoie dinguer et des sales bonhommes qui ont bien du mal à avoir une relation stable. C’est déjanté, sauvage, immodéré et drôle. Les dialogues tranchent dans le lard et les descriptions sont truculentes.

Surtout, ses portraits de gueules cassées sur fond blanc sont saisissants et efficaces. On voit le vécu, la testostérone fragile, le monde impitoyable, la chair à canon, et le talent fou.

Guillaume est en train de décliner «Apocalypse sur Carson City» en jeu de société qui sera présenté aux prochaines « Vendanges Ludiques » de Saint Vincent de Boisset en septembre. D’ici là, vous le reconnaîtrez peut être dans les rues de Roanne ou le croiserez, pour les plus pointus, à Saint Malo, Angoulême, Lyon…

Il signera bientôt des dédicaces pour la sortie de son album. Allez faire les curieux, il est tellement important de l’être dans la vie, pour être sauvés d’une « non- mort certaine » et vous étonner de tant de douceur dans son monde de brutes.

LES IDÉES DE LECTURES PAR FORUM MIROSE

Deux romans totalement différents. L’un évoque l’évanescence de nos vies, l’autre, la joie à les sauver de la douleur et de la mort.

« Comme l’ombre qui s’en va » d’Antonio MUNIOZ MOLINA – Aux Editions du Seuil 

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1987, un jeune espagnol part quelques jours à Lisbonne pour travailler sur un roman, mais peut être aussi mettre entre parenthèse son rôle de père et de mari qu’il a le sentiment de ne pas avoir choisi. 

Son livre devient une sorte de manuel d’écriture à l’attention des jeunes écrivains qui semble leur dire: écoutez de la musique, vivez la nuit, fumez, buvez, fréquentez les bars, les clubs de jazz et accédez à cet « état de somnambulisme lucide »… une vision presque romantique de l’écrivain. 

20 ans plus tôt Martin Luther King était assassiné par James Earl Ray qui s’enfuit à l’étranger. Il sera arrêté à Londres 2 mois plus tard et entre temps aura passé une semaine à Lisbonne. Tout le long du livre l’auteur passe de Ray à sa propre histoire. Il mélange réalité et fiction et comme quand on mélange deux choses de nature différente, il y a une réaction chimique, un précipité…ou comme un collage. Molina réussi à captiver avec l’histoire de Earl Ray, qui a passé sa vie à 

se perfectionner pour ne pas laisser de souvenirs, passer inaperçu… et l’auteur nous démontre que seule la fiction peut dévoiler ce qu’aucune archive, aucun témoignage ne saurait révéler. 

Et puis il y a Lisbonne.
Lisbonne pour lui c’est une expérience, Lisbonne dans les années 80 c’était « rencontrer l’exotique à côté du provincial ». Lisbonne c’est la ville ou des chats somnolent au soleil, continuant de vivre comme dans l’Egypte antique. 

« Les corps fragiles » d’Isabelle KAUFFMANN – Aux Editions Le Passage 

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Voici un livre qui rend un vibrant hommage à la première infirmière libérale de Lyon, Marie-Antoinette GALLAND qui a exercé sa vocation durant une grande partie du 20ème siècle. 

Dans ce récit magnifique, tout en finesse et délicatesse, Isabelle KAUFFMANN nous raconte le métier de Marie-Antoinette, ses premiers pas en tant qu’infirmière, l’approche des corps et des patients qui se fait avec beaucoup de sensibilité, l’empathie dont elle fait preuve lors des visites, au contact de ces «corps fragiles» avec qui elle partage un morceau de vie, de souffrance et de parfois de joie. 

Isabelle Kauffmann, d’une plume alerte et délicate, revient sur une vocation
déclarée très tôt, dès l’enfance. Marie-Antoinette à toujours voulu soigner,
soulager , conforter et réconfoter les malades.
D’une construction «anatomiale»- les chapitres ont pour titre une partie du corps
humain, les mains, le coeur, la tête…- ce récit fourmille d’anecdotes illustrant la manière dont cette infirmière dévouée a vécu, les patients qu’elle a rencontré, l’évolution des moeurs, mentalités et de la médecine. 

Une belle reconnaissance à celles et ceux qui font métier d’apporter soins et aides, qui consacrent une partie de leur existence à s’occuper des plus faibles sans en avoir toujours la considération. 

* Rencontre avec Isabelle Kauffmann pour le livre «Les corps fragiles» le Mardi 8 Novembre à 19h – Forum Mirose

FORUM MIROSE
4 RUE CHARLES DE GAULLE – ROANNE

LES IDÉES DE LECTURES PAR NEBULAR STORE

Voici notre sélection de lecture pour les fêtes de fin d’année

Adulte – Les voyages d’Ulysse de Sophie MICHEL et Emmanuel LEPAGE 

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Jules Toulet, peintre obscur de la fin du XIXeme siècle, a perdu sa muse : Anna. Le coeur dévasté et les poches vides il embarque sur L’Odysseus, un mystérieux navire au capitaine non moins mystérieux. Le capitaine Salomé l’accepte en effet à bord car elle s’intéresse à la peinture. En particulier, elle compte sur lui pour l’aider à retrouver un peintre, nommé Ammôn. 

Pourquoi ? Que lui veut-elle ? Au fil des vagues, Jules et le lecteur apprennent à connaître Salomé. Comme l’homme aux mille ruses son destin semble maudit des dieux. Comme autrefois le véritable Ulysse, le navire se heurtera sans fin à sa destinée contraire avant de rentrer à bon port. 

Ludovic : « Cette magnifique interprétation du mythe d’Ulysse est un hymne à la peinture, un hymne au voyage et à l’amour. De magnifiques doubles pages de paysages de mer.

Adulte – GUNNM MARS CHRONICLE de Yukito KISHIRO 

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Nous sommes sur Mars, une colonie terrienne où la vie est rude. Dans un orphelinat nous rencontrons Yoko, une jeune cyborg, et son amie Erika. Mais alors qu’elles commencent enfin à sympathiser avec les autres pensionnaires, le village subit une violente attaque de soldats 

Ce premier tome nous offre bien plus de choses que la simple fuite de deux enfants. Nous avons déjà droit à des mercenaires qui traquent Yoko, des enjeux politiques, un consortium spatial bien mystérieux réalisant des expériences douteuses et secrètes. 

Eddy : « C’est avec grand plaisir que j’ai découvert ce troisième opus de la série GUNNM. Il s’agit du préquel de la saga. Les éditions Glénat, rééditent en parallèle, la série complète de GUNNM. »

Jeunesse – Akki Le clan disparu de Pierre-Emmanuel DEQUEST 

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Terré dans des huttes balayées par un vent glacé, le clan des steppes se meurt. Les troupeaux jadis si nombreux ont disparu. La faim tenaille les membres du clan. Åkki, orphelin malicieux et intrépide, croit fermement la prédiction de la vieille chamane, Olma : pour survivre, il faut quitter la steppe et trouver la vallée des marmottes, dont les eaux foisonnent de poissons. Mais le clan s’y oppose, les chasseurs ne mangent pas de poisson ! 

Åkki et Olma partent alors seuls, décidés à affronter tous les dangers, à relever tous les défis pour sauver le clan. 

Ludovic : «Belle histoire pour les 8-12 ans, les personnages anthropomorphes sont attachants. Les quarante deux planches foisonnent de superbes paysages, tous en aquarelles »

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