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Portrait

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Le Retour Aux Sources – les frères Pluchot – vignerons

Nous avons patiemment attendu le temps béni des vendanges pour nous offrir un article sur de jeunes caciques du vin et de l’esprit de fête qui s’y rattache.

Cependant, lâcher l’équipe du Bruit Qui Court en plein cuvage, dans le berceau même de leur sacré breuvage, et aux côtés de passionnés doués pour le partage, était une entreprise risquée. Il a bien fallu, avouons le, notre sens immodéré de la modération et tout notre amour de la patrie, pour contrôler les dérapages d’un professionnalisme illimité. Nous avons donc consciencieusement levé le coude, la main sur le cœur et sur un air de Marseillaise, pour goûter aux fruits du travail des frères Pluchot.

Edgar et Marc-Antoine, installés à Saint-Alban-les-Eaux depuis 2005, sous l’étiquette « Le Retour aux Sources », valorisent prodigieusement notre côte roannaise en donnant à leur vin des lettres de noblesse, et à leur fin de récolte un air de liesse. Leurs « Vendanges Nocturnes », inaugurées pour le 10ème millésime, rassemblent chaque année davantage de monde, autour d’un spectacle grandiose, tout en sons, lumières, arômes et gaieté partagés. Puissiez-vous en être comme nous en serons…

Sur un air de jaja

Ces frères là ne sont pas nés dans le vin. C’est un hasard bien inspiré, et un goût prononcé pour les milieux épicuriens, qui les orientent sur le chemin des vignes. Car ils ne sont pas, non plus, nés dans l’eau. Edgar, 36 ans et une belle barbe, manque un peu d’inspiration une fois son bac en poche. Alors que son frère, Marc-Antoine, s’oriente vers le commerce, lui dépose plusieurs dossiers dans différentes écoles supérieures. Une place se libère en BTS viticulture et il la prend.Quel bol phénoménal puisque c’est ainsi que sa vocation lui tombe du ciel. En 3 jours, il est raide-dingue, tout feu tout flamme, perdu pour Volvic et Rosana. Il travaille comme un russe pour rattraper ses lacunes en chimie, obtient la mention bien et rentre dans le domaine viticole de Davayé dans le Mâconnais (Pouilly-fuissé et Saint-véran), dont il devient le responsable. Il acquiert de l’expérience mais le pays lui manque, et son frère aussi. Il revient donc dans le giron familial et travaille un temps en embouteillage, tout en continuant son activité de vigneron auprès de professionnels de la région.

Seulement voilà, il trépigne, car il a une idée en tête: casser l’image du «petit vin de côte roannaise», travailler les assemblages et rendre notre région attractive par ses vignobles. Son frère le rejoint dans cette folie douce et l’aventure commence en 2005 avec 2,25 hectares, sur les terres de leurs grands-parents Louis et Suzanne Robin, à Saint-Alban-les-Eaux. Au début, ils ne sont que « les illuminés voulant faire du vin pour les potes », les « 5% d’échecs auxquels ont

droit les banquiers pour création de dossiers sympas mais foireux ». D’ailleurs, pendant quelques temps, l’envie de tout transformer en champs de pissenlits est parfois présente. Car entre la grêle, les orages, le gel, les cerfs, les oiseaux, les sacrifices et les revers de médaille, l’ulcère et les tocs menacent. Mais les 2 frères s’épaulent à tour de rôle. La passion est là, les résultats aussi.

Ce sont 7,6 hectares qu’ils exploitent aujourd’hui, 45000 bouteilles qu’ils produisent, et de nombreux gaulois qu’ils réjouissent chaque année, dont les adeptes du restaurant « Le Petit Prince », pour lequel ils font une cuvée spéciale, ou les membres actifs du Bruit Qui Court, pour qui le sponsoring semble être la meilleure des solutions.

Magie du vin et vendanges nocturnes :

Car c’est ce que les frères Pluchot tendent à être : des magiciens du vin. Edgar garde tous ses cahiers depuis 2005 pour ne conserver que les meilleures techniques. Les produits œnologiques sont bannis, la chimie intervient selon les coups de froid, les coups de chaud, les assemblages, le temps de vinification, l’élevage ou non en fût de chêne, la connaissance du sol pour donner à la vigne ce dont elle a besoin… Ebourgeonner, effeuiller, relever, minorer le rendement pour que cette liane soit comprise, respectée, et se dévoile en bouteille.

Côté cépage : Chardonnay, Pinot gris, Sauvignon et Gamay. Les blancs sont fruités avec une notée sucrée en fin de bouche, ou moelleux et divins (ndlr). Les rouges peuvent être légers, ronds et complexes ou encore corsés, atypiques et providentiels (ndlr). Quant aux rosés, on les trouve fruités, sucrés, gourmands ou encore…pétillants et décidément fort agréables (ndlr). Et c’est directement sur le domaine du « Retour aux Sources », dans la boutique jouxtant le cuvage, que vous les trouverez.

Si les frères sont dans les vignes, ou tout à la construction de leur showroom de présentation ou de leur table d’orientation sur le toit, vous serez une récréation bienvenue et réconfortante. Car le partage et la convivialité sont au cœur de leur travail. Ils souhaiteraient obtenir un label oeno-tourisme et donner aux roannais l’occasion de visiter leur région. Ils ont organisé fin août un « ciné-vigne », ou comment le cinéma peut avoir la «côte…roannaise», autour du thème : C’était mieux avant…voyons voir. 3 jours de projections, bar éphémère, bal populaire, visites et contrôles qualité…

Fin septembre, la 4ème édition des « vendanges nocturnes » tiendra à nouveau éveillés les saint-albanais convertis à la Pluchocratie par quelques dégustations convaincantes. La date exacte n’est à ce jour pas connue car c’est la vigne qui décide.

Soyez sur les starting-blocks puisque cet évènement inter-générationnel est ouvert à tous, avec inscription préalable. Les vendanges tardives, extrêmement fédératrices et sans précédent en France, fêtent, en fanfare moderne, la fin de récolte du raisin, comme nos aïlleux le faisaient pour les foins ou le blé. 7000 w de son, des frontales pour tout le monde, de la pyrotechnie, de la joie, des vivats, des drones , des boules à facettes et de l’huile de coude…les élus suivent et la TV se déplace pour préparer la part des anges…

Edgar et Marc-Antoine ont donc réussi, au-delà de leur savoir-faire, à être des acteurs locaux dans notre région de fines bouches. Puisqu’ils ont du vif argent et du sang corsé dans les veines, ils ne peuvent être partis que pour rester. C’est quant à nous l’organisme chargé de vitamine C que nous avons quitté les vignes, prêts à redresser la tour de Pise, à repeupler la Lozère, et finalement confiants en l’avenir de la Corée du Nord. Le pied léger, la démarche aérienne, en dépit d’une jambe soudainement plus courte que l’autre, la vie au bord des lèvres et le palais soyeux. Car il n’est pas né, celui qui nous empêchera de consommer avec modération.

Plus d’infos :
www.le-retour-aux-sources.com

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Ludovic Berthillot – Acteur & Réalisateur

C’ est un bien beau bébé que nous avons rencontré, heureusement autonome et discipliné, car nous n’aurions aimé ni devoir le faire biberonner ni avoir à le réprimander. C’est qu’il s’agit d’un bébé de 48 ans ayant apparemment toutes ses dents, malgré un physique de boxeur on-ne-peut-plus assumé et un sang chaud, comme un poêle à bois, à peine tempéré par les années. Ludovic Berthillot, acteur et réalisateur, a manifestement pris sa revanche sur une …

PERRINE PEREZ – COMÉDIENNE

A une autre époque, malheureusement pas si éloignée pour le pays des Lumières, Perrine aurait été taxée d’hystérie, une maladie sexiste longtemps considérée comme l’apanage des femmes, aux temps glorieux où les troubles mentaux avaient un genre. Surtout, elle n’aurait pas eu le choix. Condamnée alors, et dès son premier cri, à une totale incapacité juridique, cette jeune fille bien née aurait été dotée par son père puis, en éternelle mineure, livrée en pâture à un mari imposé qu’on imagine sans mal avoir mauvaise haleine.

Fort heureusement pour elle, Perrine est née à Roanne en 1980 , soit 36 ans après que la femme française ait obtenu le droit de vote et d’éligibilité, 10 ans après qu’une mère soit devenue l’égale d’un père en matière d’autorité parentale et 32 ans avant que ne soit abrogée la loi interdisant aux femmes de porter un pantalon. Quoiqu’il en soit, cette année de naissance induisait un fait important : Perrine allait pouvoir choisir sa vie. Choisir de faire ou non des études,  choisir son métier, sa sexualité, choisir de se marier ou non, d’avoir ou non des enfants, de dire oui ou de dire non. Car, ici et maintenant, on a toujours, ou presque,  le choix.  Et ce ne sont pas les pantalons qui manquent.

Perrine Perez est comédienne, comique, pas du tout hystérique, parisienne d’adoption mais enfant du pays souvent de retour. Elle a choisi cette voie après de brillantes études, une vie professionnelle riche, et un mariage auquel elle a failli dire oui. Son premier spectacle, « Celle qui a dit non », nous raconte l’épopée l’ayant conduite du pied de l’autel aux planches du Théâtre des Feux de la Rampe.  Il s’agit d’un one woman show savoureux, pétillant, caustique, sincère, drôle, mettant en scène une jeune femme libre et libérée, assumant, pleine d’auto dérision, ses choix, bons et mauvais, dans sa quête du bonheur.

Graine de clown

Petite, Perrine a sacrément du animer les fêtes familiales, et on aurait adoré qu’elle puisse nous sortir les vidéos maison de l’époque.

Déjà boute-en-train en robe chasuble, elle tombe raide de Muriel Robin lorsqu’elle la voit pour la première fois à 10 ans. Elle enchaîne alors les imitations, de Fanny Ardant à Alain Decaux, pour faire digérer la bûche au chocolat ou l’agneau Pascal. Au lycée, elle fait du théâtre et se lance dans la réalisation, très sérieuse, de courts-métrages, aux côté de Nicolas Brossette, devenu depuis réalisateur.  

Elle commence ensuite des études d’orthophoniste mais est recalée, c’est un comble, à l’oral (« ce n’est pas un métier fait pour vous»)… Elle s’engage  pour 4 ans à Sciences Po, où elle se spécialise en information et communication. 

Elle passe sa dernière année d’études à Los Angeles où elle travaille pour le consulat et est stagiaire en marketing et doublages de films.  Elle participe d’ailleurs au doublage de la version bonus de Stuart Little 2.

En fait…la comédie n’est jamais bien loin. De retour en France, elle travaille pour des grands groupes audiovisuels dans le secteur des acquisitions.  Quand soudain…

Un virage au frein à main

En 2009, Perrine est de retour au pays de la Praluline, et l’amour y est pour quelque chose. Elle a 29 ans, il est temps de s’installer. Elle travaille tout d’abord en freelance, puis en tant qu’associée, pour l’agence de com roannaise « Oz Média », qui s’occupe aujourd’hui encore de ses affiches et flyers. Mais elle se trimballe, selon ses propres dires, une petite voix qui lui parle de comédie et n’est sûrement pas étranger au flou artistique qui va suivre. Elle est sur le point de se marier et, pourtant, l’envoie des faire-part sonne le glas de ses années roannaises.  Bris de glace, volte-face, 360° au frein à main sur un col en plein hiver et « 24h dans la vie d’une femme ». Perrine plaque tout. En prononçant un simple mot, « non », elle va se retrouver «  sans maison, sans mec, sans boulot, sans argent, mais LIBRE ». Olé.

Elle retourne à Paris et travaille pour Disney où on la pousse à monter sur scène. Révélation et feux d’artifice mais Perrine, en bon élève qu’elle a toujours été, a envie d’apprendre. Elle est prise à l’école du One Man Show, dirigée par Alexandre Delimoges et parrainée par Anne Roumanoff, et suit les cours du soir pour disséquer les rouages de l’écriture et de l’interprétation.

Elle fait sa première scène ouverte au Théâtre des Feux de la Rampe, lors du concours « Kandidator », destiné à découvrir les jeunes talents. Des pantoufles sont distribuées aux spectateurs et c’est à l’applaudimètre que le classement se fait. Elle rencontre son futur co-auteur et metteur en scène, Csaba Zombori, et perd en ½ finale en étant, donc, bien épargnée par les pantoufles.

Puis le directeur du Théâtre Le Bout, à Pigalle (nom à propos s’il en est), séduit par sa prestation, lui propose 30 mns sur scène pendant 5 mois. C’est pour elle un premier tour de piste prometteur.

Celle qui a dit Non 

Avec Csaba Zombori, elle a l’idée d’écrire un spectacle : « On en est là ». Ou le parcours initiatique d’une jeune femme qui veut changer de vie et se réaliser pleinement. Une jeune femme d’aujourd’hui qui, partant d’une situation de rupture tragique, a entrevu la possibilité d’une île où elle serait responsable de son bonheur.

Fin 2016, elle arrête Disney pour devenir intermittente du spectacle. « On en est là » devient « Celle qui a dit non », une version élaguée qui gagne en efficacité comique. Elle l’a joué au Boui Boui à Lyon, là où Florence Foresti a démarré, ou encore au Rirozéclat 2017 à Renaison.

Depuis le 22 avril de cette année,  il est programmé au Théâtre des Feux de la Rampe à Paris, jusqu’au 26 juin.  Ni anti-mecs, ni anti-mariage, elle y campe des personnages, souvent féminins et à forte personnalité, qui ont jalonné son parcours  tumultueux. De la grand-mère un tantinet délurée en passant par la mère de famille « psy déséquilibrée »…Perrine revient, piquante, lucide et inénarrable, sur sa quête d’elle même.

Le résultat vaut bien un aller-retour à Paris, si vous ne pouvez attendre qu’elle joue à domicile. Car cette comédienne est, selon votre âge, à suivre, à follower, à liker, à partager, à applaudir et à saluer bien bas.

+ D’INFOS 
Facebook : @PERRINEPEREZHUMORISTE

FAUVE ARTISTE PEINTRE – ROANNE

Imaginez-vous au cœur d’un atome de couleur, sur une piste aux étoiles, grisé dans un banquet de noces, dans la cité des agapes, entouré de femmes raffinées légèrement enivrées, et de dandys allusifs. Imaginez une joie de vivre un peu titubante, des festivités qui jamais ne s’arrêtent, des colliers de perles qui badinent avec la lumière et des bouches sensuelles qui flirtent avec les coupes de  cristal.  

C’est dans l’univers de Fauve que nous souhaitons vous faire basculer, pour le meilleur et à l’exclusion du pire. Laissez vous faire, faites vous belles et beaux comme le jour, car ce soir on vous sort, on vous emmène danser, boire et folâtrer, dans des lieux douillets et subversifs. Jusqu’à ce que plaisir s’en suive. Jusqu’à ce que Bacchus et ses Baccantes demandent grâce, jusqu’à ce que plus rien ne vous importe que la nécessité d’ajouter des couleurs gourmandes aux contours de vos existences.

Bienvenu dans le monde flamboyant du Sancerre ou du Saint-Emilion, du jazz et des porte-cigarettes, de la féminité captivante ou de la masculinité androgyne, des boudoirs troublants  et des fêtes célestes. Vous êtes dans les années folles, ou à Saint Germain des Prés, entre Cocteau et Simone de Beauvoir, et, quoi qu’il en soit, immergé dans le plaisir de vivre.

Fauve, une histoire en marche 

Petite fille, Fauve ne s’ennuyait jamais et semait de petits dessins au bord de ses rêveries d’enfant. Sa vocation a plus tard été contrariée, car il n’était dans ses années adolescentes, les années 70,  pas de bon ton pour une jeune fille d’étudier aux Beaux Arts. Elle a alors déjoué le sort et contourné les conventions en s’entourant d’artistes et en donnant à sa vie un air de fête et de liberté continuel.  Elle a exercé différents métiers,  souvent en rapport avec le bien vivre, sans jamais abandonner le dessin ou l’envie de s’y adonner un jour complètement. Après 3 enfants et quelques années de joyeuse vie de patachon, elle décide de prendre des cours de modèles vivants avec Jean Pierre Piat, qui décèle et révèle en elle une grande facilité pour les associations de couleurs. Fauve se libère alors du dessin et sort du milieu académique. Elle participe à un concours de peintres dans la rue à St Haon le Châtel, en dessinant sur des fonds de couleurs des personnages aux membres raccourcis, tirés d’un livre sur des statuettes précolombiennes. 

Elle part de l’abstrait pour arriver au figuratif et, petit à petit, ses personnages se font de plus en plus féminins.

Tout s’enchaîne alors : elle est sélectionnée au  Salon Violet à Paris, obtient un prix au Salon d’hiver de Lyon et fait partie du Salon des Artistes Français. Elle pratique longtemps l’aquarelle et la peinture à l’huile pour se consacrer ensuite à l’acrylique, qui lui offre un formidable éventail de pigments. Ses tableaux naissent de la pose de couleurs préliminaire au tracé des traits ou des formes représentés. Elle vit depuis 20 ans de son art et  c’est via l’expressionisme qu’elle a trouvé et confirmé son style de peinture, qu’elle qualifie elle-même d’imaginaire, d’onirique et de spontané. Elle participe à divers salons d’art contemporain partout en France (Salons Art3F, Artup,…), ou à l’étranger ( Cologne, Amsterdam…). On retrouve ses oeuvres également dans les galeries : La Dame du Castellet au Castellet, l’Atelier 35 à Saint Rémy de Provence,  Carré d’Artistes à Paris et Toulouse ou encore à la Galerie DEZA à Roanne.

Fauve et sa peinture

Les couleurs, les pigments, les carnations, voilà ce qui nous accroche dans ses scènes  orangées, vermeilles, pourpres et ardentes. Elle peint les noces, les fêtes et les fêtards,  les instants de lecture hédonistes, les fauves apprivoisés, les villages ivres et les maisons qui se parlent entre elles,  avec la même intensité de couleurs. Sa recherche chromatique est audacieuse, vivante et dans la vie, voluptueuse et presque carnassière, à l’image de ces  félins si présents, capables d’une douceur inouïe, d’un calme troublant  puis d’une cruauté flamboyante.  A l’image de la vie elle-même. On ne sait d’ailleurs pas si ses personnages font la fête pour oublier ou pour célébrer tant les traits sont énigmatiques  et les regards immenses mais  pleins d’une expression à mi-chemin entre l’invitation et l’avertissement.  On ignore si les femmes sur ses toiles sont des filles de joie forcées d’être à la fête ou des femmes du monde jouissant de leur oisiveté. Chacun y mettra sa propre histoire et Fauve y met la sienne, qu’elle veut joyeuse et festive.  On ne peut ignorer la sensualité, la volupté confinant à la luxure qui se dégagent de ses toiles. Elles irradient, oscillent entre la violence pure et vive du fauvisme et la douceur de l’impressionnisme.  Dernièrement, une lumière nouvelle vient éclairer  sa peinture spontanée et jamais retouchée, les visages sont moins anguleux, plus rebondis et épanouis. Le style évolue, s’apaise, en même temps que Fauve s’assagit.  Tous ses tableaux sont maintenant numérotés et le collier de perles s’impose comme une deuxième signature.

Et puis il y a ces toiles à la Cocteau, ces portraits épurés aux contours noirs sur fond blanc. C’est sur des nappes en papier qu’elle a commencé ces crobars qu’elle peint maintenant en grand format. Le style se veut plus contemporain, avec esquisse préalable car il n’y a guère que pour dessiner une bouche que Fauve lève le pinceau. Elle cherche là à aller à l’essentiel et à approfondir le cadre simple et dépouillé.

Fauve et les femmes

Bien sûr, elle peint des hommes, un peu efféminés malgré leur nœud papillon, des chats, des enfants aux allures de chérubins modernes ou d’arlequins, des maisons rondes et flottantes, mais les femmes restent ses modèles de prédilection. La femme de Fauve est une muse constante, multiple et fascinante. On l’imagine tantôt triste devant son verre de vin, tantôt libertine et  épicurienne.  Elle joue parfois, lascive, avec son collier de perles, son épaule se dénude, la fin de soirée approche, elle peut paraître outrancière avec ses lèvres carmin, l’ébriété est palpable, et la vie est bien là qui coule dans ses veines. C’est une jouisseuse,  femme perdue à une époque, résolument moderne et assumée à une autre. Elle s’approprie d’autres fois les plaisirs dangereux  historiquement masculins, les jeux de cartes dans une atmosphère enfumée et alcoolisée,  les cigares qui sentent l’illégalité, la musique jazzie ou endiablée… Elle porte un masque libertin, elle est en pleine sauterie,  en plein jubilé. Elle se marie parfois mais reste fauve, indépendante, audacieuse. Les teintes sont puissantes, les nuances tranchées. On imagine une femme lettrée et raffinée, à la voix rauque, une Colette, une Coco Chanel, une Georges Sand ou une Sapho. Et puis elle se repose de ses nuits de belles débauches, elle lit, caresse son chat, savoure l’instant, toujours dans une profusion de couleurs, qui l’habille et jette un voile sur son mystère déjà profond. 

A Roanne, c’est à la galerie DEZA, 11 rue Alexandre Roche, que vous rencontrerez la femme de Fauve. Vous la trouverez sans nul doute abandonnée dans un instant de plaisir pur, un verre de vin ou un livre à la main, et vous serez surpris, même si on a tout fait pour vous  préparer, par tant de virtuosité dans l’art d’être en vie.

Facebook : Fauve artiste peintre
Web : www.artistefauve.com
Shop : www.galeriedeza.com
Mail : contact@artistefauve.com

BENOIT BLACHON – APICULTEUR, ARBORICULTEUR

On pourra dire ce qu’on voudra : que ce n’est pas pour tout de suite, que c’est une conspiration des lobbies pro-insectes, qu’on arrête de nous parler de réchauffement planétaire alors que l’hiver  a été glacial, que le Nutella c’est quand même carrément bon et que tant pis pour les grands singes, que Cléopâtre prenait déjà des bains, que manger des fraises en février est un droit constitutionnel et que les OGM ne sont pas si mauvais que ça puisqu’on autorise la pollution génétique  dans l’agriculture bio…

On pourra dire, donc, ce qu’on voudra. Il n’empêche que lorsqu’on aura réussi à dézinguer la dernière des reines des abeilles, que les animaux auront tout donné pour nous gaver d’antibios et la terre tout sacrifié pour nous faire un été en hiver : on fera moins les malins devant nos gosses. 

Ils seront chouettes les selfies de vacances dans le désert de Dunkerque, les promenades sur des sentiers lunaires entourés de champs secs comme des coups de trique, à compter les années qu’il nous reste à vivre…4 selon Einstein une fois que l’abeille aura disparu.   Car celle-ci tient entre ses petites pattes une grande partie de notre régime alimentaire et nous risquons bien de devoir, dans un futur proche,  polliniser nous même avec nos gros doigts, en costume jaune et noir pour le folklore, et en faisant bizzz bizzzz  parce qu’il faudra bien en rire.

Benoît Blachon est de ceux qui ont choisi de vivre au milieu des reines et des princesses, en assistant le seul système monarchique au monde  capable de donner à manger à l’homme.  Il est apiculteur, et pour nous, une sorte de super héros en combinaison de cosmonaute et bichonnant ses ruches entre deux supers combats  pour la sauvegarde de notre espèce. 

Rencontre un jour de grand froid, à la ferme de Bissieux,  avec celui qui prépare le réveil de la nature et de ses minuscules chevaux de bataille ailés, pour que les licornes aient encore quelque chose à se mettre sous la dent, et les amoureux des fleurs à faire parler…

Du Képi au casque colonial 

Nous sommes à Saint-Paul-de-Vézelin, il fait -10° ou peut être même moins. On se demande bien comment des abeilles feraient pour dormir par un froid pareil, si ce n’est d’un sommeil éternel. 

Benoît  a 31 ans, une femme et presque 2 enfants. Il vient d’une famille de tradition militaire qui produit un gendarme par génération. Lui, c’est par besoin de rigueur qu’il rejoint les rangs. Il passe 5 ans à s’endurcir dans un métier qu’il considère comme noble pour finalement l’abandonner, désabusé par le peu de reconnaissance qui lui est lié. Après s’être essayé à quelques jobs abrutissants aux antipodes de ce à quoi il aspire, il décide de faire un bilan de ses compétences  qui l’emmène tout droit vers les travaux de la terre. Il fait maints stages et formations en bûcheronnage, maraîchage, agriculture, danse classique et apiculture. Il réalise entre autres choses qu’il est incapable de tuer des bêtes, lui qui  élève parfois au biberon des lapins de garenne orphelins. De là à voir Blanche Neige dans un corps de bûcheron, il n’y a qu’un pas… Fan d’agriculture bio, d’écologie et des sociétés d’insectes, il décide de se lancer dans le maraîchage et l’apiculture.  Pendant quelques années, tout en continuant les formations,  il se fait offrir des ruches à Noël et peaufine ses recettes de confitures. Pour en arriver à son sacre d’aujourd’hui: une communauté d’abeilles gérable de façon artisanale et une production végétale pérenne et transformable à façon. Il propose donc  des jus de poires et de pommes qu’il souhaiterait distribuer dans les comités d’entreprises ( à bon entendeur…), des confitures bios,  des fruits rouges bios et du miel bien sûr, qu’il vend sur le marché de Perreux en saison les vendredis (il vous avertira sur sa page facebook lorsqu’il y sera à nouveau présent). Connaît-on de meilleure raison pour prendre le voile ?

Le miel vaut bien quelques piqûres

Car non, le voile ne protège pas Benoît de toute la vindicte de ses abeilles.  Il lui faut accepter d’être un éternel intrus  et de recevoir  son dard quotidien. Car si l’apiculteur est là pour aider ces travailleuses acharnées à produire du miel, elles n’entendent pas se faire enfumer  sans défendre leur royaume au péril de leur vie. Une vie de labeur et de combats s’il en est. Alors qu’elle porte encore des couches, une abeille est agent d’entretien. Puis nourrice, architecte, magasinière, ventileuse, gardienne. En somme, plus elle avance dans l’existence, et plus sa tâche est risquée. Lorsqu’elle est prête pour le trépas,  elle sort butiner pour ramener le nectar et, si elle n’est pas chassée, piégée, empoisonnée par un pesticide  ou écrasée par une tapette, elle meurt souvent d’épuisement à l’extérieur de la ruche. Elle pourrait peut-être, avec un peu de fièvre syndicale, aspirer à un destin plus clément…

La misogynie n’a  qu’à bien se tenir car, s’il y a peu de chance qu’on « détrône le roi des cons », le roi des abeilles n’est, lui,  pas prêt de naître. Un mâle, ou faux bourdon, est chassé de la ruche dès qu’il n’y a plus rien à manger au début de l’automne car c’est une bouche inutile à nourrir. Jusque là, effectivement, s’il est génétiquement programmé pour glandouiller, autant qu’il le fasse dehors. Mais il l’est également pour se reproduire et là réside toute la pénibilité de son existence…Il doit se mettre en quête d’une ruche dans laquelle des reines sont à naître…Dès qu’il l’a trouvée, il se mesure à ses congénères, observe l’écume aux lèvres la toute jeune reine se pavaner et attend le moment opportun pour lui présenter ses hommages. C’est là qu’il devra bientôt butiner les pissenlits cette fois ci par la racine. Car il meurt atrocement émasculé dans un coït du diable. Un destin pas  franchement enviable non plus…

La reine, enfin, après avoir rempli sa «spermathèque » de la semence de nombreux mâles partis rejoindre un monde meilleur, crée sa ruche, et passera environ 5 ans à pondre et à manger de la gelée royale.  Ses multiples filles  veilleront à ce qu’elle soit épargnée par la disette.  Car le miel, que les abeilles fabriquent en se passant de bouche en bouche le sucre des fleurs, représente la réserve de nourriture dont la ruche a besoin pour survivre en hiver.  C’est là que Benoît intervient. Au printemps, il doit amener ses ruches là où il y a des fleurs, d’acacias dans un premier temps. Il leur fait faire ensuite 3 ou 4 bonds en altitude et chaque transhumance correspond à une récolte particulière. C’est pourquoi il propose différents miels : de ronces, de pissenlits, d’acacias, de forêt et de sapin.  La saison terminée, il redescend toute la petite famille près de la sienne  et remplace les hausses de la ruche par un nourrisseur rempli d’un sirop et d’une infusion de plantes, pour que ses protégées ne soient pas prises au dépourvu lorsque l’hiver sera venu.

Si la science ne sait pas encore sur quel critère les abeilles choisissent au suffrage universel leur reine alors qu’elle est encore une larve comme les autres, vous savez, vous, pourquoi Benoît  les a choisies, elles.  Elles sont le symbole de l’organisation sociale, de la sagesse, de la bravoure, et du destin sublimé (Platon disait d’ailleurs que les hommes sobres se réincarnent en abeilles). Nous lui souhaitons du pollen à faire éternuer la terre entière, des ruches populeuses,  un tintamarre de battements d’ailes  et des fruits généreux  gorgés du sucre de l’été, pour que les fraises melba, les crêpes au miel et les gaufrettes à la confiture arrondissent encore longtemps nos angles.

Contact page Facebook :

@fermedebissieux

LES TIT’ NASSELS

Les Tit’ Nassels portent un nom bien curieux. Surtout si on parle anglais. Ils ont passé 20 ans à faire bourlinguer les accords et chanter les flonflons, sans que nous ne sachions jamais pourquoi ils ont un jour fait de ce nom leur identité de scène.  L’Ile de Pâques n’a pas le monopole du mystère et Roanne n’est pas en reste pour abriter des secrets bien gardés. Nous pensions cependant qu’il était plus simple de percer celui-ci  que de résoudre l’énigme du château d’If ou des Menhirs de Carnac…Il est finalement juste de dire que, une fois sur la voie de ce St Graal, nous n’étions pas au bout de nos surprises…

Nous vous racontons l’histoire  de ce duo musical roannais devenu quatuor il y a peu.  Les Tit’Nassels  viennent de sortir leur 9ème album, « En plein cœur », plus rock que les précédents, et toujours à mi chemin entre les histoires un peu braques et les chansons graves, entre l’ambiance fin de bal, quand la mélancolie prend le pas sur la griserie, et celle, joyeuse et onirique,  d’un  carrousel qui n’en finit pas de tourner.

Un beau roman, une belle histoire 

Sophie et Aurélien, devenu Axel avant sa majorité en raison de son admiration pour les Guns & Roses, se rencontrent à 15 ans sur les chaises en bois râpeux du lycée Jean Puy.  Les années 90 sont jeunes et Hélène et les Garçons sont à l’apogée de leur art. Kurt Cobain chante Rape Me à Nulle Part Ailleurs, Grospiron se prend des bosses, les Alpes bloquent le nuage de Tchernobyl, les parents de Maître Gims ont l’idée saugrenue de se reproduire et Axel a déjà un groupe de Rock, les « Blowbacks », dans lequel il chante et joue de la guitare. Ils se produisent, sapés comme jamais,  dans les concerts de la région,  fréquents à cette époque. Mais on vous parle d’un temps que les moins de 35 ans ne peuvent pas connaître…

Et Sophie, pendant ce temps là, en pianotant  sur son synthétiseur, rêve d’être journaliste. 

Ils partent en fac à St Etienne, l’un en  Lettres, l’autre en Espagnol. Quelques uns d’entre vous auront  connu les orgies estudiantines de cette cité minière…C’est l’époque du Clos des Baraudes, du Bull, des pains-frites, des soirées Casimir, des assemblées générales enfumées en amphi et du Théâtre de Poche. Axel convainc Sophie, qui chante avec lui dans les soirées où on se fait un nom dans la résistance à  l’alcool, de faire la deuxième voix sur scène. Elle tente, aime, et en veut encore. C’est simple et efficace. Ils reprennent jusque là  les Beatles, Barbara, Mano Solo, etc …  mais commencent bientôt à écrire leurs propres chansons. Le programmateur du Théâtre de Poche trouve que « tout cela tient bien la route » et décide, puisque c’est ce qu’il sait faire, de les programmer. Ils jouent leur 1er concert sous le nom des «Tit’ Nassels» le 16 juin 1998. A eux deux, ils ressemblent à une boîte à musique : guitare et voix, puis piano, accordéon, mélodica, wood-block,  kazoo, etc. Sophie raffole de tous ces jouets pour faire du son et a sûrement gardé les tables d’éveil sonore des enfants qu’elle a eu depuis…On l’imagine aisément gratouiller tout et n’importe quoi tant on lit sur son joli portrait  l’envie contagieuse de rire le vendredi sans avoir à pleurer le dimanche.

Et si on rembobine…

Les choses s’enchaînent assez vite puisque la même année (98 donc pour ceux qui ne suivent pas), sort  «Pantin», leur première K7 (boîtier amovible contenant 2 bobines destinées à recevoir une bande magnétique).  Deux albums autoproduits suivent, jusqu’au 1er Cd national sorti en 2004 (« Pareil ! »). Axel a arrêté son abonnement à la 1ère année de Lettres depuis longtemps pour se consacrer exclusivement à leur duo, et Sophie l’imite bientôt, après quelques années à travailler en tant qu’aide éducatrice. Elle ne sera donc pas journaliste mais aura tout de même l’occasion de gratter du papier. Car pour les textes, chacun écrit les siens, même si Axel est en général  plus prolifique.

Leurs styles sont reconnaissables et se rejoignent pour parler de la vie, de l’amour, de la guerre, de la solitude, des amants, de la passion qui se fait la malle, des « types à genoux sur le pont de l’existence », des «valises qui pèsent sous les yeux », d’une poupée russe qui se met au régime, ou encore du « bonheur qui prend de l’amplitude ensemble»… 

Ils vous emmènent quoiqu’il en soit  dans l’univers de la chanson populaire, des textes pertinents, des fleurs dans les cheveux,  du bitume  dans la voix et des fous rires sur scène.

Le rythme d’un album tous les 2 ans est trouvé et les Tit’ Nassels jouent  à Roanne, en France, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, et vont même jusqu’à Taïwan.

En 2009, pour célébrer leurs 10 ans, le duo sort un album rétrospectif : «Pêle-Mêle». Pendant ce temps, ils se marient, chacun de leur côté, et font des bébés devenus grands…

Axel fait ses couvades en chansons et Sophie assume leurs  concerts  enceinte jusqu’aux yeux de  pépées de bohème…

Leur avant dernier album, «Soyons fous», tourne une page de leur histoire. Le Duo est mort. Vive le Quatuor. Romain Garcia est à la basse, David Granier à la batterie.  Quant à Aurélien Durier, ami fidèle et illustrateur, il continue, depuis son premier « pantin », de concevoir leurs pochettes. 

« En plein Cœur »

En octobre 2016 sort donc leur 9ème album, « En Plein Cœur », conçu pour être joué à 4 sur scène.  Ils savent viser, c’est indéniable, et le nouveau ton rock donné par la basse et la batterie s’accouple parfaitement à leur poésie. Ils alternent, toujours, les histoires loufoques (une «demande en mariage» un tantinet radicale), les histoires de rupture dont l’après est plus ou moins bien géré, les mises en vers porteurs d’espoir d’une actualité désespérante, les questionnements sur la paternité et sur tout ce qui les touche et les atteint au quotidien. C’est un cœur qu’ils ramassent à la petite cuillère,  avec joie et gravité. Car oui, le choc de ces deux mondes, celui du bonheur de vivre et celui d’une humanité peu glorieuse,  n’est avec eux pas si violent que ça. Le pire et le meilleur, les lâchetés et  les courages,  cohabitent comme dans toute union, et comme en chaque homme. « Je préfère crever d’amour debout que de mourir seul sur le champ d’horreur », voilà qui devrait rythmer quelques unes de nos avancées dans l’existence. 

Rencontrer Sophie et Axel ne peut que remplir la malle aux doux souvenirs. En image, celui d’une jolie bouche carmin prête toujours  à s’épanouir en un large sourire, et de grands yeux verts  généreux et  mélancoliques.  Ils sont plongés jusqu’au cou dans la vraie vie et donnent une furieuse envie de s’attabler avec eux pour goûter quelques boissons tanniques et  découvrir un peu plus le dessous des cartes…

Les Tit Nassels ont joué fin  février à l’Espace des Marroniers au Coteau. Nous et notre cœur y étions, heureux d’être les cibles de leur rock gouailleur et chargé de sens, avant de les laisser faire leur tournée un peu partout en France. Quant au mystère dont nous parlions en introduction, vous allez devoir écrire vous-même l’histoire se terminant peut être par «é qué s’apélorio Les Tit Nassels». Car, en bons épicuriens qui  ont parfois poussé le vice jusqu’à l’ivresse, ils ont perdu la trame, l’amorce  de leur nom…N’en déplaise aux prêcheurs du coucher tôt, ce qui se dit la nuit voit donc quelques fois le jour.

© JI FOTOLOFT

BENJAMIN PERCHE – PRINCESSE FICELLE

S’il y en a un que l’on n’a pas vu venir, c’est bien lui. On lui aurait donné le Bon Dieu sans confession et des culottes courtes pour le restant de ses jours, tant on dirait, encore et toujours, à 35 ans passés, un jeune adolescent de bonne famille à peine
revenu d’un campement de scouts. Personne n’a flairé le danger et l’incandescence. C’est pourtant très jeune qu’il a endossé la paternité d’une Princesse Ficelle qui a bien perdu toutes ses dents de lait. J’ai nommé, Benjamin Perche, joailler ET artiste peintre. Protégez vos arrières, on n’en a pas encore fini avec lui.

 

TOUT CE QUI BRILLE
Depuis toujours, Benjamin donne du fil à retordre et a envie d’en découdre. Il est singulier, différent, et on va le savoir. En 1995, son diplôme de joailler en poche, il fait ses armes à Roanne chez un confrère de renom. Dans l’ombre, il s’aiguise patiemment les canines. Il acquiert la maîtrise et crée, de plus en plus, des modèles uniques qui ne peuvent sortir que de son imaginaire, pas du tout tourmenté mais terriblement prolifique. Parallèlement, lui qui aime la lumière, reprend pendant 5 ans la gestion d’un bar de nuit, le « So What », bien connu des fêtards sans limite qui ne seraient pas contre un petit after. Benjamin aime ce qui brille, l’or comme le show-biz, et tenir un endroit pour noctambules branchés n’est pas pour lui déplaire. Il aime les excès des autres, lui qui n’en fait aucun, sauf peut être avec le chocolat. Ses drogues à lui sont plutôt le succès, l’éclat, la fraîcheur, le buzz, l’indépendance, le travail bien fait. Et le chocolat donc. Un paquet d’addictions quand même me direz-vous?

 

A à peine 25 ans, il plaque la sécurité et monte son atelier de joaillier, en même temps qu’il commence à peindre une petite fille espiègle et désarticulée dont nous reparlerons plus tard : la maison Princesse Ficelle est née, perchée au sommet d’un immeuble de style rue de Cadore, dans le quartier où il aime sévir. Dans cet atelier, il créé son emblématique vinyle sur cordon que nous sommes quelques uns à porter depuis le début.

Il ouvre sa boutique en 2010 rue Bourgneuf et s’entoure d’ Eloïse Roffat, meilleure apprentie joaillère en 2009. Il développe toute une gamme de bracelets sur cordon ou ruban entièrement personnalisables, en plus de ses créations alléchantes exposées en vitrine. Il a le goût du fait-main et de l’unique. Selon vos envies et votre budget, rien ne lui est impossible. Il aime jongler entre la fantaisie en argent et la haute voltige de la joaillerie, entre les matières nobles et les pierres précieuses, entre le petit dernier qui veut un snowboard au poignet et celle qui se fait passer la bague au doigt en grande pompe. Toutes les occasions sont bonnes pour aller voir de ses yeux voir, le personnage « in vivo», interrompre son travail d’orfèvre et vous entendre dire, après avoir demandé la lune en tour de cou, «oui c’est possible».

En 2014, puisque décidément rien ne lui fait peur, il ouvre une deuxième boutique et un deuxième atelier quai Saint Antoine à Lyon. C’est un peu tôt pour parler de conquête planétaire mais voilà une première embuscade efficace sur le chemin de Rome.

DE FIL EN AIGUILLE…

Benjamin est sans conteste un artiste pluridisciplinaire et curieux de tout. Il mélange les genres et transgresse tant que faire se peut. Dans sa tête, il invente, très jeune, une petite fille faussement ou non innocente qu’il commence à pencher sur la toile. Et comme il fallait s’y attendre, il s’en acoquine. La légende veut que ce soit à la suite de la mésaventure soudaine d’un être cher qu’il donne vie à cette petite princesse pleine d’espièglerie et capable de toutes les bêtises. Elle peint les murs de sa chambre, se déguise, fait dépasser son dessin sur le parquet 19ème, se goinfre de confiseries, se prend pour Hendrix, fait des confidences, sages on l’espère, à son doudou… Elle est une sorte de fée farceuse tout droit sortie de l’enfance, malicieuse, désopilante, énervante, inventive et pleine d’enjouement. L’originalité des toiles a d’ailleurs séduit les professionnels de l’art et certaines « princesses » ont fait monter les enchères chez Artcurial.

Benjamin vous propose également des toiles thématiques sur mesure en rapport avec une scène choisie de votre vie : vous décidez de la personne à mettre en scène (celle- ci sera peinte à l’effigie de Princesse Ficelle mais avec des détails qui pourront la différencier), du thème, des couleurs, etc. Des ébauches vous sont proposées jusqu’au dessin final. Plus simple, le tableau Tag, doré sur fond noir, fait rentrer un peu de street art dans nos intérieurs mais en s’inspirant, encore et toujours, de notre vie et de ce que nous voulons en raconter.

Nous vous invitons, vous l’aurez compris, à aller à la rencontre d’un éternel jeune homme plein d’entrain, de curiosité et de talents. Il a la réussite modeste car il place l’amusement en toute chose au dessus du reste. Mais avec, soyez-en assurés, le plus grand sérieux qui soit.

Facebook : @PrincesseFicelle
Web : www.princesseficelle.com
Tél : 04 77 67 47 69
Adresses : 17 rue Bourgneuf – Roanne
20 quai St-Antoine – Lyon

L’ATELIER DES P’TITES CHOUETTES

Quand on a la faculté de transformer des petits bouts de laine en mésange, le service à thé de tante Eléonore en bougeoir ou une chute de tissu en sautoir romantique, de 2 choses l’une : soit on dépérit dans un emploi alimentaire, soit on décide de vivre de son talentueux petit grain de folie.

Laurine aurait pu suivre le flot des doués qui s’ignorent si elle n’avait ouvert, en 2014, « L’atelier des petites chouettes », rue Maréchal Foch à Roanne.
On vous présente ce bel oiseau rare qu’on imagine davantage en fan de cupcakes, qu’en adepte de parties de chasses nocturnes…

VOICI SA PETITE HISTOIRE …

C’est dans les fleurs que Laurine fait ses premières armes et vit ses premières expériences chromatiques. Cette nature indépendante (cela ne vous échappera pas lorsque vous la rencontrerez), apprend leur langage et tient sa propre boutique de 20 à 26 ans, dans sa ville d’origine, Amplepuis.

Elle peaufine l’association heureuse des couleurs, aime la délicatesse des fleurs et la créativité que les compositions lui permettent. Cependant, leur condition périssable la lasse, et surtout les contraintes de gestion qui lui sont liées.

« Mignonne, allons voir si la rose… »… Ronsard aurait pu la mettre en garde. Donatella Versace aussi. Pas facile de travailler la beauté éphémère.

Avec Laurine, les choses semblent ne pas traîner beaucoup (cela ne vous échappera pas lorsque vous la rencontrerez). Elle remballe donc les vases, les sécateurs, les « plaisir d’offrir » et laisse les fleurs se faire polliniser tranquillement dans les champs (Mais on vous parlera des abeilles dans un prochain numéro).

Elle a semble-t-il l’habitude, depuis ses plus tendres années, de « fabriquer tout un tas de choses tout le temps» et décide de monter son atelier d’objets uniques en tout genre.

La rencontre avec la propriétaire de son actuel local est décisive car celle- ci encourage beaucoup les artistes et leurs initiatives.

Le tour est joué et Laurine s’installe à Roanne, une ville qu’elle aime depuis toujours.

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE BOUTIQUE POÉTIQUE

« L’atelier des petites chouettes » est une sorte de concept store accessible du fait-main. On trouve de tout, mais pas trop, l’endroit est beau, tout est exposé avec soin.

On est entre la bonbonnière et la brocante chic. Il y a des bijoux, tous uniques, du plus simple à celui qui nécessite des dizaines d’heures de travail, des accessoires insolites et ravissants, des luminaires, des mobiles, des patères, des bougies, des meubles, des poufs, des coussins, des tabliers et autres créations couturières…

On croit les petites mains nombreuses bien cachées… mais non, Laurine est seule avec comme carburant, ses galettes de riz bio et ses chocos Princes, pour ne citer qu’eux.
Dans son atelier, visible de la boutique, les rubans montent sur les biais, les boutons rêvent de perles, les coupons de tissu font des ritournelles, la machine à coudre ronronne et les aiguilles ont intérêt à filer droit.

Notre gentille chouette surveille son monde et le mène à la baguette magique! Laurine, en insatiable travailleuse (elle va jusqu’à ramener des devoirs à la maison), désespère de ne pouvoir réaliser « tout ce qu’il y a dans sa tête » lorsqu’elle se lève le matin, car elle a toujours une idée a l’esprit et un destin rêvé pour chaque objet dans son atelier.
Il n’y a pas de série chez elle, sauf si on le lui demande : elle a réalisé pour l’association des « femmes chefs d’entreprise », une broche que ses membres féminines portent lors de leurs colloques pour être facilement reconnaissables.

RIEN QUE POUR VOUS !…

Outre ses créations originales, Laurine peut réaliser pour vous ce qu’il vous plaira : vous venez avec une idée, même vague, et elle se charge du reste…

Si vous ne savez que faire du confiturier de tante Eléonore, encore elle, ou de la collection de fonds de jupe en dentelle de sa sœur Jeanne, elle trouvera.

Elle a un don, un vrai, qu’en manuels du dimanche nous savons apprécier à sa juste valeur. À la question « mais où as-tu appris tout çà ? », elle répond fermement : « c’est juste de la logique ». C’est çà, ouais.

Quant aux toutes petites chouettes, des ateliers individuels leur sont réservés. C’est une chouette idée (oups, on s’était pourtant promis de ne pas lui faire l’affront d’un jeu de mot à 2 balles), car les enfants raffolent de l’endroit et du doux capharnaüm qui y règne. Ils restent deux heures en charmante compagnie (cela ne vous échappera pas lorsque vous la rencontrerez) et emportent ensuite leur création comme un trophée: guirlande, écharpe, doudou pour un petit frère qui vient d’arriver, trousse, sac, suspension ou mobile en origami… De quoi leur donner le goût du bon goût, leur dégourdir les doigts et l’esprit, développer leur confiance en eux, et se faire enfin une toile ou une virée shopping entre copines en toute bonne conscience.

Pour le reste, nous vous laissons découvrir tout ce qui nous aura échappé lorsque nous l’avons rencontrée…

Car nous sentons bien qu’elle ne livre pas tout en une fois. Elle s’y attache en tous les cas avec pudeur, discrétion et caractère.

Facebook : @L’atelier des p’tites Chouettes
Tél : 09 86 24 18 13
Adresse : 11 rue Maréchal Foch – Roanne

GUILLAUME GRIFFON – AUTEUR DE BD

Par amour du jeu, nous aurions pu écrire des adjectifs sur de petits bouts de papier que nous aurions ensuite mélangés dans une urne. La main du hasard aurait peut être tiré les suivants : Sidérant, Piquant, Désopilant, Fendant, Délirant, Répugnant, Percutant, Sanglant. La règle du jeu, cette farceuse, nous aurait dit «maintenant débrouillez vous pour faire un portrait avec ça». Et nous aurions trouvé.

Il existe chez nous à Roanne, un dessinateur du 9ème art, Guillaume Griffon, en phase totale avec le résultat de ce tirage au sort qui n’a pas eu lieu. Avant même de le rencontrer, nous savions que nous pourrions replacer chacun des adjectifs sus nommés dans la description que nous ferions de son travail.

On vous présente cet auteur roannais de bandes dessinées dont l’actualité est en marche puisqu’il sort le 2 Février l’avant dernier album de sa série « Apocalypse sur Carson City ». N’ayez pas froid aux yeux, ne passez pas par la case brushing et rendez vous dans le monde des sales gueules. Si votre livre de chevet est le traité des bonnes manières suivant Nadine de Rothschild, un conseil : passez votre tour. Quoique…

DE L’EAU DE ROSE À L’HÉMOGLOBINE

En 1975 naît à Roanne une petite gueule d’ange destinée à tailler plus tard le portrait de démons ou de sauvageons pas beaux à voir. Guillaume, d’abord doué pour le dessin, se passionne ensuite pour les films d’horreur et fantastiques.

En premier lieu, il rêve d’être maquilleur, mais pas exactement pour farder les minettes de podiums ou les élégantes de plateaux télé. Non. Son genre à lui, ce serait plutôt les yeux qui saignent, les dents d’acier taillées en pointe et la peau pleine de vermine. Et sachez que les filtres sont en place pour ne pas vous effrayer.

Le dessin le rattrape à l’heure de choisir sa voie et Guillaume fait l’école Emile Cohl à Lyon, dont il ressort avec un diplôme d’illustrateur-dessinateur. Il part 18 mois en Floride et travaille pour Disney World en tant que caricaturiste, déguisé tous les jours en sacré français. Aucun cliché ne lui est épargné: esprit Montmartre, marinière, béret et petite cravate rouge à la Renaud. De retour en France, il se spécialise en 3D et infographie, toujours à Emile Cohl.

LA NAISSANCE DE BILLY WILD

Guillaume revient s’installer à Roanne, mais, l’amour, l’eau fraîche et les zombies ne suffisant pas à le nourrir, il travaille pendant 4 ans dans l’entreprise textile familiale, à la création de la collection masculine en collaboration avec une styliste. Parallèlement, il commence à noircir des pleines pages d’illustrations et se pointe finalement au festival de BD d’Angoulême avec son carton sous le bras. Là, on aime son dessin qui ne rentre cependant, (vive nous!) dans aucune case. Jusqu’à ce que son actuel éditeur, Akileos, refuse de laisser s’effacer ce coup de crayon. Il lui dégotte un scénariste et le 1er tome de Billy Wild sort en 2007. Dans le petit milieu de la BD underground, c’est un raz de marée noir et blanc qui devient culte très vite. Fatalement, car le résultat est sidérant, piquant, désopilant, fendant, délirant, répugnant, percutant et sanglant. Cà, c’est fait.

Guillaume quitte l’entreprise Griffon pour renaître à lui-même et se consacrer à l’histoire de Billy Wild… Un gars du Far West mal dans sa peau qui croise le diable et devient par son entremise la pire terreur de l’ouest. Une sorte de Sergio Léone horrifique et un peu mystique.

Dès le 2ème album, il prend ses marques scénaristiques et, lui qui a souvent été maître de jeu de rôle papier, assume bientôt illustrations et scénario.

APOCALYPSE SUR CARSON CITY

En 2010, Guillaume accouche seul et toujours en noir et blanc du 1er Apocalypse sur Carson City. Un accouchement bien entendu hémorragique, féroce et turbulent. Il voulait faire un remake des Morts Vivants, sous forme de patchwork « nanardesque », c’est-à-dire un pèle mêle de références à tout ce qu’il adore : les séries B décalées, les films Pop Corn avec effets spéciaux maison, les films d’action qui dégoulinent de transpiration, les films d’horreur typés ringards et tous ceux qui ne se prennent pas au sérieux en crachant du cliché à longueur de scènes.

Guillaume se laisse toujours des vides scénaristiques et il s’agit au final d’un mélange d’histoires à la Pulp Fiction, gravitant autour de gangsters en cavale dans une ville envahie par les zombies. Sept tomes d’amalgame totalement fluide où chaque personnage a une fiche signalétique. Notre came habituelle est plutôt du genre «Le Rouge et le Noir» ou « Retour à la terre » et contre toute attente, nous avons adoré Trap Jaw ou l’ogre de barbarie qui a la voix d’une fillette de 10 ans, American Ninja avec son bandeau à la Véronique et Davina qui lui glisse sur les yeux quand il transpire, ses héros qui ressemblent à Chuck Norris ou Steven Seagal, avec moustaches d’acteurs porno ou sabres d’argent frottés à l’ail…

Les albums commencent comme un film avec avertissements au public et autres annonces détournées, pour se terminer parfois par un « coupez » très 1er degré. Vous verrez des kms de tentacules, des carotides juteuses, des supercopters, un déchaînement de brutalités et de portes dégondées, des furies qui mettent les 4 doigts et le pouce, des gueules d’empeigne suppliciées, des tornades de requins blancs qu’on envoie dinguer et des sales bonhommes qui ont bien du mal à avoir une relation stable. C’est déjanté, sauvage, immodéré et drôle. Les dialogues tranchent dans le lard et les descriptions sont truculentes.

Surtout, ses portraits de gueules cassées sur fond blanc sont saisissants et efficaces. On voit le vécu, la testostérone fragile, le monde impitoyable, la chair à canon, et le talent fou.

Guillaume est en train de décliner «Apocalypse sur Carson City» en jeu de société qui sera présenté aux prochaines « Vendanges Ludiques » de Saint Vincent de Boisset en septembre. D’ici là, vous le reconnaîtrez peut être dans les rues de Roanne ou le croiserez, pour les plus pointus, à Saint Malo, Angoulême, Lyon…

Il signera bientôt des dédicaces pour la sortie de son album. Allez faire les curieux, il est tellement important de l’être dans la vie, pour être sauvés d’une « non- mort certaine » et vous étonner de tant de douceur dans son monde de brutes.

DESTINATION TERRE DE JEUX

On a eu envie de s’ amuser, de se distraire, de parier, de lancer les dés, de duper, de jouer gros, double jeu, de jouer la belle et peut être un peu la comédie. Alors on est allé voir Julien sur son territoire, un territoire qui s’est agrandi et sent toujours aussi bon le bois, les éclats de rire, les premières dinettes, les marionnettes et les récréations. 

PAR AMOUR DE LA PETITE HISTOIRE

Julien est un peu pour tout le monde comme un parent éloigné : on le voit au moins une fois par an. Plus si affinités, et des affinités, on en a, davantage encore à l’approche de Noël. Cela fait maintenant 7 ans qu’il vend de l’éveil, de l’imaginaire et des boîtes à malice. Il défait son bagage à Roanne en 2009, et ce pour ne plus le refaire. Il vient alors de passer une décennie à travailler dans l’animation et le monde du jeu lui est très familier. Voire essentiel. Il trouve vite compliqué de s’approvisionner en nouveautés, lui qui aime tant ça, et décide d’ouvrir son petit paradis au credo plutôt réjouissant : des jouets en bois et des jeux de société pour grands et petits.

En septembre 2016, il a traversé la rue de Cadore, sa rue, pour s’installer avec tout son petit monde dans un 130m2 chargé d’histoire. Deux fois plus de place pour en mettre plein les yeux. Deux fois plus de couleurs aussi. La façade crache du feu de joie et donne une envie de noces enfantines.

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L’ANTRE DU JOUET EN BOIS

Julien ne voulait pas de franchise, il voulait être libre de choisir ses fournisseurs, travailler pour lui, et pouvoir se permettre l’honnêteté dans les conseils qu’il prodigue. Et c’est du jouet sans pétrole qu’il voulait, du jouet en bois, authentique, imperméable aux effets de mode. Il y a chez lui une foultitude de produits coups de cœur, les siens, ceux qu’il a sur les salons quand on lui demande de se glisser dans la peau d’un gosse. Gosse ou pas d’ailleurs, notre cœur s’emballe un peu, beaucoup, passionnément, quand on respire les poussières d’étoiles qui traînent chez lui : des carrousels en veux tu en voilà, des étals de fées marchandes, des jeux d’éveil qu’on ne peut jamais lâcher à Emmaüs, des perles, enfin, à enfiler, des déguisements de princesse qui transforment pour de vrai en princesse , des doudous trop beaux pour nourrissons ou midinettes de tous âges (42 ans c’est limite ou pas ?), des poupées qui donnent envie de faire des bébés… On trouve aussi de la déco tout droit sortie de l’atelier de Gepetto : coffres à jouets, semainier pour petite fille organisée, lampes magiques et belles à rallumer un vieux réverbère… Bref, on a envie que nos petits restent petits, ou bien d’aller récupérer celui qu’on était.

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L’ESPACE JEU

Ce que les néophytes, dont nous étions, savent moins, c’est que ce passionné en a pour tout le monde. Il permet une véritable continuité. Il propose des jeux modernes, grand public, familiaux, famille plus ou experts, c’est selon, des jeux de cartes, des jeux de plateau, des jeux de stratèges, de rôle… La boutique Terre de jeux participe d’ailleurs activement aux Vendanges Ludiques de Saint Vincent de Boisset en septembre, un salon du jeu de société EN TOUT GENRE. Et puisque Julien aime sûrement la surenchère, s’agrandir lui a donné une nouvelle corde à son arc en ciel : une salle de jeux pour les démos manuelles, la découverte de produits avec testeurs, mais aussi et surtout pour y organiser des soirées pour adultes habillés…. Rien de décadent, ce serait hors sujet : des soirées pour échanger, jouer, passer son tour, passer à autre chose mais pas à côté.

On aime, on adore ceux qui persistent et qui signent , ceux qui vont au bout d’un rêve coloré, frais et réjouissant. Julien était déjà le seul à Roanne à nous ouvrir ce monde charmant. Il prend aujourd’hui encore plus de place et entérine la reconnaissance de son territoire, sa terre de jeux.

Facebook : @Terredejeux
Site: www.destinationterredejeux.fr 
Tél : 04 77 72 25 40 
Adresse : 3 rue de Cadore – Roanne

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