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Interview

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Perrine Coste – Basketteuse

J’avais une question pour ce titre : doit-on préciser handisport ou « basketteuse » se suffit-il à lui même ? Va-t-on parler avec une sportive de haut niveau ou avec une personne à mobilité réduite, comme le veut la formule ? A vrai dire, dans son cas, les deux son indissociables et j’ai pensé que j’allais, surtout, parler à une femme. Parce que voilà ce qui la caractérise le plus. Deux chromosomes X sur la …

Tony Chartier TC Products & limited

C’est vrai que des Tony connus, il n’y en a pas beaucoup. Des Michel, oui, des Mickael aussi, mais des Tony, non. Pourtant, ça fait tout de suite « you’re talking to me ? », backrooms enfumées, gros cigare et nez cassé. Le prénom sonne comme une vendetta, sent, au mieux, les penne à la calabraise, au pire, le parrain gominé qui tient une sulfateuse. Et même si les mafieux se font plein de bisous …

VRH 360

L’immersion interactive On vous emmène visiter une niche, ni fiscale ni écologique, pas non plus architecturale, ni celle du chien, avec tout le respect qu’on lui doit. Il existe bien, dans les Vosges, une rivière portant ce nom et qui est, très probablement, remarquable par son écosystème et sa biodiversité, mais ce n’est pas en Bucolisme qu’on vous envoie promener. Soyez les bienvenus, plutôt, dans « une niche de marché », soit un marché très …

THIERRY FERNANDES RESTAURANT LE PRIEURÉ – « À NOTRE ÉTOILE »

Au début, ce n’est qu’un petit guide publicitaire tiré à 35000 exemplaires. Les frères Michelin en ont l’idée en 1900, pour marquer le coup de l’exposition universelle. Ils l’offrent pour l’achat de pneus, sans imaginer qu’il deviendra un jour parole d’évangile pour tous les pèlerins du chemin du goût. Mais Eiffel n’imagine pas non plus que sa dame de fer lui survivra comme Einstein est encore assez loin de relativiser. La mascotte Michelin, présentant un …

Régis Maynard – Ça tourne !

Il n’était à priori pas fait pour les intrigues mélo dramatiques, les revirements improbables, les rencontres imprévues, les liaisons secrètes, les coups de théâtre et les roulements de tambour. Il n’était semble-t-il pas fait  pour les levers de rideau, les monologues sur scène, la tragédie, la comédie et, puisqu’on y est, la dramaturgie. Jusqu’à preuve du contraire, il n’était pas fait pour écrire, monter des spectacles, concocter des «  lectures gastronomiques » et chanter ses …

THOMAS VILLE – « OBJECTIF JEEP ELITE »

Nous vous amenons brièvement hors des frontières du Pays Roannais, dans un haut lieu de l’exotisme forézien et du fromage à pâte persillée inscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Terre du Vizézy et de son Pont d’Argent, des cités Chavanne, des bugnes et des fleurs aux balcons, Montbrison l’est aussi de talents en tous genres. Il y a 9 ans, elle nous a passé le relais pour l’un d’entre eux, ni le plus petit …

HUGO PRALUS – « C’est un jardin extraordinnaire … »

Si on nous avait dit, dès le début, qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour, que la terre est ronde et que « colonisateur » ne fait pas très classe sur un C.V., peut être n’aurions nous jamais découvert les Amériques et le chocolat. Isabelle de Castille aurait été dopée au gaspacho, d’une humeur de reine grâce à ses apports en vitamines, et n’aurait peut être pas mis un billet sur l’expédition de Christophe Colomb. Qui, lui, en bon italien, se serait contenté d’inventer les pâtes et les sucres lents, au lieu d’aller pleurer dans les jupes d’une espagnole pour partir, sans GPS, naviguer sur les flots. Les Aztèques auraient pu continuer à adorer leur serpent à plumes en sirotant un cacao, et les Apaches leur Dieu créateur dans un état proche de l’Ohio. Il n’y aurait pas eu, alors, de dernier Mohican et, qui sait… Auguste Pralus, sans vanille, ne serait peut être pas devenu Meilleur Ouvrier de France tout comme les barres infernales de son fils François n’auraient tout simplement pas existé.
Seulement voilà, en 1492, le gras était bien vu par les cardiologues, les épices coûtaient un bras, l’or et l’argent, les actions Total de l’époque, venaient à manquer, et il fallait bien vérifier si la terre finissait, ou non, en piscine à débordement. Alors, pour le meilleur et pour le pire, nous sommes partis sur la route des Indes.
Concernant le meilleur, Auguste et François Pralus sont bel et bien devenus ces alliés controversés des hanches féminines ou des ceintures abdominales masculines, ayant toujours, en bienfaiteurs prodiges des papilles et des pupilles, un stock d’endorphines et de péchés capitaux dans leurs vitrines. Il fallait bien, admettons-le, mettre un peu d’ordre dans tout ce déballage de tentations, et graisser la patte de l’OMS, qui ne s’est jamais contentée de l’argument des fruits secs dans la Praluline ou des agrumes dans le cake aux oranges confites. Hugo Pralus, 26 ans, qui incarne la nouvelle génération, le développement durable et Pierre Rabhi, a transformé une ancienne friche en jardin communautaire, pour alimenter en fruits et légumes bio ses collègues, et faire butiner les abeilles dans un joyeux nasillement de canards sauvages. Si tout cela est très bucolique, écologique et socialement innovant, je sens poindre votre inquiétude quant au devenir de notre emblématique Praluline. Vous êtes en effet en droit de vous demander si, après les barbecues, les parties de pétanque et les promenades digestives, il restera du monde à la manufacture pour nous la préparer… Nous sommes donc allés vérifier sur place que les bonnes intentions de ce fils aîné ne mettent pas une sacrée claque à notre patrimoine culinaire, en flinguant à terme nos festins dominicaux. Hugo Pralus a bien sûr essayé de nous avoir, avec ses grands yeux de chat sacré de Birmanie, sa gaité, sa bienveillance et sa manie de nous gaver de fèves à peine torréfiées, de pralines à peine refroidies, de chocolat à peine durci et de tomates cerises à peine cueillies, auprès de pâtissiers heureux de pâtisser et de jardiniers heureux de jardiner…
Malheureusement, on vous en demande pardon… il nous a bien eus.

Hugo, comment as-tu eu l’idée de ce projet ?

J’ai toujours été sensible à la nature, aux animaux. Petit, je voulais être vétérinaire. Et puis, en venant ici régulièrement avec mon frère, enfants, pour « aider », mettre la main à la pâte et faire de la trottinette avec des transpalettes, j’ai pris le virus familial. Comme mes parents tenaient à ce que je fasse des études « longues », et que j’avais pris goût aux voyages, j’ai fait du commerce international. J’ai effectué mon stage de Master ici, tout en préparant un CAP de pâtissier, avant d’intégrer l’entreprise. Je travaille surtout à la production, mais également à la communication sur les réseaux sociaux, au développement commercial et de projets. Il y avait cette friche derrière la manufacture, dont nous n’avons finalement pas eu besoin pour nous agrandir. Je trouvais dommage de ne rien en faire alors j’ai eu l’idée de ce jardin, utile à la nature, aux employés et en adéquation avec mes valeurs et celles de l’entreprise : le respect de la terre, les circuits courts, le bio…

François Pralus et son fils Hugo au jardin

Et c’est avec tes beaux yeux que tu as convaincu ton père ?

Il a aussi fallu présenter une étude détaillée, revenir un peu à la charge, mais, ici, on n’est pas contre les idées hors normes. Alors il a accepté, aussi pour me laisser porter mes propres projets. Et maintenant, il est parfaitement sensibilisé à la cause des abeilles !

Comment passe-t-on d’une friche industrielle à une ferme urbaine ?

Ca prend du temps, beaucoup de réflexion, ça nécessite d’ouvrir des bouquins et d’avoir de l’argent à investir ! Il a fallu 6 mois pour mettre en place le jardin potager de 2400 m2, et l’hectare de terrain avec les serres, le verger, le poulailler, la mare, l’espace détente et celui réservé aux ruches. Tout a été terminé fin mai 2017. Il s’agit donc de notre 1ère vraie année de récolte.

La clé de voûte du projet étant « 0 substance chimique », peux-tu nous expliquer les principes de la permaculture ?

C’est simple : la nature reprend ses droits et les végétaux s’apportent les uns aux autres. On s’occupe de la terre, donc de l’humain, et on partage équitablement. On fait nos propres semis avec des graines de variétés anciennes, on fait cohabiter les plantes complémentaires, on nourrit le sol avec du bois enfoui, qui va pourrir, amener des champignons, de l’humus, de la vie… On protège ce petit monde avec de la paille, des écorces de fèves de cacao… Rien ne se crée, tout se transforme. Les déchets sont donnés à nos poules qui nous fournissent un bon engrais, et même les mauvaises herbes ont leur place puisqu’elles permettent à nos abeilles de se nourrir.

Qui s’occupe de gérer cette bio-diversité ?

Deux jardiniers y travaillent à plein temps, en potassant le calendrier lunaire. Chaque butte porte le nom de deux employés et ceux-ci y vont quand ils veulent. Nous avons dans l’équipe un « Mac Gyver » apiculteur à ses heures… Pour la surveillance, nos oies sauvages veillent au grain pendant que les paons font les beaux… entre deux fugues.

Tu es plutôt fier, j’imagine, d’être allé au bout de ton projet…

Oui, et fier de tout le monde. On réussit à approvisionner les 50 employés en fruits et légumes bio. On est même en sur-production cette année !! Ce jardin renforce la culture d’entreprise et participe à la bonne ambiance générale, il crée un circuit court, il montre que la vie est possible en dehors de la grande distribution, et il donne à certains le goût des bonnes choses. Un casse-croûte est organisé tous les vendredis et samedis par notre cuisinier. Sur la base du volontariat… on récolte ce que l’on sème. Et tout l’espace est à la disposition des employés les week-ends. Il y a une plancha, un terrain de pétanque et un espace repas pour eux et leur famille. Même ceux qui étaient réfractaires sont aujourd’hui acquis à la cause. On l’a vu pour la célébration des 70 ans de la maison Pralus, il y a de la cohésion entre nous, et beaucoup de déconnade, même s’ils font tous les enfants sages devant vous… Alors oui, je suis heureux d’y avoir cru, c’est du sang neuf pour la terre, et un moyen de se retrouver pour créer du lien.

S.P.A. «Un jour, c’est certain, Dieu reconnaîtra les chiens» (Renaud, dans « Baltique »)

Cet article est pour eux, qui jamais ne pourront le lire, ces rôdeurs éclopés, ces pestiférés, ces chiens de la casse, ces chats galeux, ces moutons noirs, ces vilains petits canards, ces pauvres teigneux souvent faits comme des rats. 

Cette tribune est pour elle, à qui jamais on ne lit ses droits, cette légion des damnés de la terre, des héritages dont on ne veut pas, des chiots qui ne restent pas peluches, et qui finissent en clébards allant comme des chats maigres. Pour toutes ces minettes épuisées, aux mamelles taries par des chatons sans père, pour  tous ces bâtards solitaires, ces meutes de cerbères, de races démodées, qui, entre chiens et loups, ne savent plus sur quel cheval miser.

Bien sûr, si cela ne tenait qu’à eux, ils se feraient vite oublier, ne sortiraient que la nuit, lorsque tous les chats sont gris, iraient secouer leurs puces avant potron-minet, et attendraient, sauvages et langues pendantes, de mourir comme des chiens. Seulement voilà, cette triste armée de pauvres hères aux babines malades  a son Abbé Pierre. Ces chattes trop amoureuses, ces cas sociaux des toits brûlants, ont leur Armée du Salut. Ces fins limiers abandonnés, bonnes pâtes ou sales cabots, ont leur Petite Soeur des Pauvres. 

La SPA, ou société protectrice des animaux, est, depuis 1845, la porte parole des rebuts du monde animal. Créée en première instance, par Etienne Parisot, pour protéger les chevaux maltraités par les cochers parisiens, têtes de chiens, ses champs d’action se sont bien vite étendus. Depuis la première loi consacrée à la protection des animaux en 1850, jusqu’à ce que le parlement leur confère, en 2015, le statut d’êtres vivants (sans déconner??) doués de sensibilité, la SPA est, avec les moyens qui sont les siens, de toutes les luttes. 

Nous avons rencontré Sylvette, trésorière de l’association, et Dany, membre du conseil d’admistration. Qui, en défenseures émérites et bénévoles, de la déclaration universelle des droits de l’animal, adoptée à l’Unesco en 78, se battent, pour qu’un jour, enfin, « Dieu reconnaisse les chiens ».

Par un caniculaire après midi de juillet, sous une pergola accueillante, entourés de chats intrépides et de mascottes indifférentes, dans un va et vient incessant de promeneurs bénévoles, nos voix presque couvertes par des aboiements mélancoliques, compulsifs, tonitruants… Ce n’est pas la mort du petit cheval blanc, mais il faut, tout de même, à ces deux femmes, qui nous parlent de concert, bien de l’amour et du courage…

Mesdames, quelle est l’histoire de la SPA de Roanne ? 

Elle a été créée en 1928, par une femme, Grabrielle Venin. Initialement, elle se situait avenue du Polygone, où elle est restée jusqu’à la fin des années 80. En 90, la mairie a fait construire les bâtiments que nous occupons aujourd’hui, sur un grand terrain qui est sa propriété, le long du canal, en pleine nature. C’est à titre gracieux que les chiens sont hébergés ici. Car à Roanne, j’insiste, nous ne gérons pas les autres animaux, qui sont redirigés vers d’autres associations quand on nous en amène. L’Arche de Noé, qui est mitoyenne, est une entitée distincte qui ne s’occupe que des chats, et nous entretenons des rapports de bon voisinage. Comme vous pouvez le constater avec la communauté féline ici présente… (ndlr : un chat est étendu de tout son long sur la table, tandis que d’autres lézardent ou se promènent crânement devant les cages…)

LVMH ou Dassault investissant, à notre connaissance, assez peu dans le bien-être animal, de quoi vivez vous ?

Beaucoup d’amour et d’eau fraîche ! Nous recevons, heureusement, des dons, parfois des donations. Nous avons aussi une fonction de fourrière, à Roanne,  nous percevons donc la redevance. La fondation 30 Millions d’amis nous aide beaucoup, nous fournit une partie des croquettes et nous paye presque 3 mois de frais vétérinaires. Les bénévoles eux mêmes font parfois des dons, de même qu’il est possible de « parrainer » un chien, c’est-à-dire de participer, à hauteur de ses possibilités et sans le prendre chez soi, à sa prise en charge. Nous organisons aussi des opérations « caddies », et l’une d’entre elles nous a une fois permis de récolter 3 tonnes de croquettes, ou des fêtes durant lesquelles nous vendons des livres, des objets de brocante ou autres (le muguet du 1er mai, le Noël des animaux…).  Nous développons depuis peu une activité de pension pour les chiens identifiés et à jour de leurs vaccins. Enfin, nous comptons beaucoup sur la collecte de fonds de fin novembre, et sur tout ce que les gens nous donnent avant l’hiver (couettes, coussins, etc.). Mais tout cela ne suffit encore pas, et chaque année le déficit se creuse…Nous passons en moyenne 40 kgs de croquettes par jour, et avons 1500 euros de frais vétérinaires tous les mois, entre autres dépenses …

Comment 

fonctionnez-vous ?

Ici, nous avons 6 salariés, et c’est un effectif incompressible!! Viennent ensuite tous les bénévoles, constitués majoritairement de femmes : 2 enquêteurs, lorsqu’on nous signale une maltraitance, 2 personnes qui suivent les adoptés, une éducatrice canine, le responsable de la section animalière des pompiers de Roanne, des bricoleurs, car nous avons besoin de tous les corps de métiers, et les indispensables promeneurs. C’est aussi une jeune bénévole qui gère les réseaux sociaux, qui sont d’une formidable efficacité ! Et puis, il y a tous les membres du conseil d’administration, avec à sa présidence Michel Nebout. Il est d’ailleurs très dynamique et, depuis son arrivée, plein d’améliorations ont été apportées pour le bien-être de nos animaux (chauffage au sol, brumisateurs, espaces détente)

Êtes-vous parfois en surpopulation ?

Jusque là, arrivées et départs s’équilibrent. Bien sûr, lorsque nous rentrons 6 chiens, et qu’un seul s’en va … ce n’est pas très rassurant. Mais nous n’avons, heureusement, jamais recours à l’euthanasie, sauf celle de fin de vie, si, et uniquement si, le vétérinaire juge que tout a été tenté et que l’animal souffre. Certains chiens sont là depuis si longtemps qu’ils sont ici chez eux. Comme Vickie, une très vieille Terreneuve de 14 ans, qui déambule à sa guise et à qui on vient d’installer un ventilateur dans la cuisine, Lubie, notre mascotte un peu lunatique, ou encore Tom et Jerry, deux frères qu’on a eu bébés et que nous n’avons jamais eu le coeur de séparer.

Et du coeur, il en faut, n’est ce pas, pour donner de son temps ainsi ?

Nous sommes amplement payés en retour. Il faut le dire aux gens. L’amour et la reconnaissance de ces chiens, qui ont tous une histoire différente, que nous ne connaissons pas toujours, sont bouleversants et inconditionnels. Mais, en attendant le jour béni où les abandons et les cruautés cesseront, il nous faut, également, des bras, des sous, et des adoptants. Nous avons, aujourd’hui, 55 chiens proposés à l’adoption, et tous, croyez nous car nous connaissons chacun d’entre eux, méritent une seconde chance …

 

PINK LADIES – Pures Chromosomes XX

Roanne est une terre de basket. Cela n’aura échappé ni aux ermites, s’il en existe, ni à ceux ayant autant d’intérêt pour le sport qu’une vache pour la passementerie. Moi- même, qui n’ai jamais brillé par mon excellence en détente sèche, surtout en talons de 10, ou par la fulgurance de mes encouragements dans les gradins, et bien…je le sais. Longtemps, j’ai résisté à l’appel de notre club emblématique, de ces corps vifs et athlétiques, de ces maillots qui mouillent le parquet et de ces fouettés énergiques. Surtout, soyons clairs, parce que je ne pige pas grand chose au basket et que la raquette reste, pour moi, un accessoire de tennis. 

Mais voilà que depuis quelques mois, et sans rien demander à personne, j’entends parler d’une équipe féminine qui viendrait dribbler sur les plates-bandes de nos demi-dieux. Une fois. Deux fois. Trois fois. Des articles un peu partout, et ma fille qui en sait plus que moi. Au bout d’un moment, il fallait s’en douter…je n’aime pas faire de bruit, et encore moins souffler dans un vuvuzela, mais je suis soudainement prête à sortir les pancartes, les étendards, à tagger les murs, à apprendre les règles du basket et à piétiner la phallocratie en criant « yes we can », dans un porte-voix. 

Car les Pink Ladies, sacrées championnes de France en 2016, révolutionnent le basket féminin en « rayant le parquet », comme il se doit et en donnant à voir une combativité mordante. Et ça se passe  à côté de chez vous. Alors surtout, n’allez pas imaginer un spectacle plan-plan, avec un chat ronronnant sur vos genoux et « lettre à Elise » en fond sonore. Encore moins des pauses lascives de jeunes femmes bien roulées, avec pour seul rappel de la sportivité un ballon et un sifflet d’arbitre. Non, car  ces bolides en ont sous le capot, là oui, ça ronronne, et elles ne font pas dans la dentelle pour attaquer, défendre et prendre le contrôle.

Nous avons rencontré trois de ces activistes du « girl power », les plus anciennes : Caroline Buchet (alias Charlotte), Léonore  Duchez et   Maryne Reolid, avant d’aller voir, sur le terrain, si ce qu’on dit d’elles est vrai. Puisque, maintenant, Roanne est aussi une terre de basket féminin, je me suis laissée tenter par une première fois. Et je n’ai pu compter sur aucune intimité car, en effet, les Pink Ladies rassemblent, fédèrent, entraînent et passionnent un public nombreux et effervescent. Qui niera férocement, ou oubliera facilement, qu’il existe une légère inégalité musculaire entre hommes et femmes. D’ailleurs, je ne me suis rendue compte de rien. 

Qui sont les Pink Ladies ?

Léonore : on est une équipe de 7 séniors, et 7 jeunes qui s’entraînent avec nous et participent aux matchs en tant que remplaçantes. On a entre 17 et 30 ans. On vient d’un peu partout et on a joué dans d’autres clubs français avant. 

Maryne : ce qui fait qu’on peut partir en vacances où on veut, parce qu’on a des amies partout. Avec Léonore, on est là depuis 3 ans. Caroline, qui est Roannaise, est la plus ancienne, elle est là depuis 2011. Sinon, la moitié de l’effectif est renouvelée chaque année. Cette saison, il y a même une américaine et une slovaque.

Quelle est l’histoire du club ?

Caroline : les « Pink Ladies », c’est un surnom qui nous va bien et qu’on a gardé… C’est vrai qu’en terme de marketing, c’est plus marquant que « Roannais Basket Féminin ». En fait, il existe une équipe séniors depuis 2002, via l’ « Union Loire-Nord Coteau-Riorges ». En 2015, après l’arrivée d’Olivier Hirsch comme entraîneur, le « Roannais Basket Féminin » est créé, rebaptisé les « Pink Ladies ». Et le reste suit.

Dont 2016, l’année de la consécration où vous raflez tout ?

Léonore : oui, ça a été une année charnière. On était  montées en NF1 et on a été championnes d’automne, vainqueurs de la Coupe de la Ligue du Lyonnais, de la Coupe de France, et championnes de France NF1.

Maryne : et on a eu accès, pendant un an, à la Ligue 2. C’est à partir de cette date là qu’on a réussi à fédérer un public. Ca ne nous était jamais arrivé de jouer devant 4000 personnes. C’est un truc de dingue et on en a encore des frissons.

Qu’est ce que donne la saison 2017-2018 ?

Maryne : on a terminé troisième du championnat et joué la demi-finale du Trophée Coupe de France.

ça ressemble à quoi, un quotidien de basketteuse ?

Caroline : on a toutes un métier à côté car, si le sport féminin est plus médiatisé qu’avant, ça reste incomparable avec le sport masculin.

Léonore : et quand on change de club, on doit aussi trouver un nouveau travail. Disons qu’on ne vit pas du tout dans le même monde…

Maryne : c’est assez difficile de concilier le basket et la vie personnelle. D’août à mai, on s’entraîne tous les soirs, sauf le vendredi, de 19h à 21h, après les garçons bien entendu… Et on joue tous les samedis. 

Ces différences ne sont pas un peu énervantes ?

Léonore : on a toujours connu çà. On sait que l’environnement médiatique n’est pas du tout le même que chez les hommes. On a toutes passé la moitié de notre vie sur un terrain de basket, on vit basket depuis toutes petites, et on le vit comme çà.

Maryne : le militantisme, pour nous, c’est plutôt, par exemple,  de montrer aux petites qu’on peut tout faire en tant que femme, ou de refuser de poser à moitié nue avec un ballon. La sensualité a été un gros axe de communication pendant un certain temps mais nous, on a plus envie de donner l’image de femmes combatives que de femmes sexys. Ce qui n’exclut pas la féminité.

Qu’est ce qui vous lie, toutes ?

Léonore : on a toutes des parcours similaires et l’osmose se fait rapidement en début de saison. On a été élevées dans le sport, souvent loin de notre famille.

Maryne : ça confère une certaine force, il y a de la solidarité entre nous.

Caroline : on est toutes proches du public aussi. La convivialité et le partage font partie de notre vie.  

Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Caroline : au-delà des victoires, que le club continue de grossir, et que notre « énergie » y soit pour quelque chose.

Léonore : c’est lié à notre notoriété bien sûr, mais…que les sponsors et le public soient au rendez-vous pour nous accompagner. 

Maryne : et, le plus important je crois, que les gens sachent qu’ « raye le parquet » et qu’ils vont voir un vrai bon match qui envoie du lourd !! Bref, qu’ils ressortent en disant, comme on l’a déjà entendu, que « les filles, ça court aussi finalement » !!

 

Hilal Ribahi – Les jeux sont faits

Dans son quartier, qui n’avait rien de diabolique, lui n’avait rien d’un diable. Pas plus, en tous les cas, que n’importe quel autre enfant terrible de son âge. Son père, en grand sage trimeur et un peu « old school », n’aurait, de toutes façons, pas laissé prendre une mauvaise graine. Pas de divagation possible en dehors des heures légales décrétées chez lui. Le couvre-feu était à 18h car, NTM n’a pas inventé les grands préceptes de l’éducation, « on ne laisse pas traîner son fils si on ne veut pas qu’il glisse ».

A l’école, où ses aptitudes pour le strict minimum étaient souvent soulignées, il vivotait, gentiment dissipé, toujours prêt à faire rire, c’était déjà çà, plutôt qu’à faire pleurer. A la limite sans jamais la dépasser, avec la pitrerie au fond des yeux et la zizanie en couvre-chef. Mais à force d’insistance, ses parents méritants obtiennent finalement mieux que des bouffonneries sans conséquence. Après une période estudiantine légèrement freestyle, il cherche et trouve sa voie, son école, son cadre. Un exutoire aussi, mais ce n’était pas prévu, à la mort de son père, un antidote à la sidération, et la force de continuer.

Hilal a aujourd’hui 27 ans et met au point depuis plus de 2 ans une application, une plateforme de pronostics sportifs, Üperticks, qui, à son lancement, très prochainement, pourrait bien révolutionner le monde des paris. Le jeune homme, un temps parti pour faire carrière dans le dilettantisme, se donne à présent les moyens d’être plein d’avenir.

Hilal, comment est ce que tout ça a commencé ?

Petit, justement parce que j’adorais « faire le con », mon père me répétait quelque chose du style « ce n’est pas en faisant n’importe quoi qu’on devient quelqu’un ». Je suis le petit dernier d’une fratrie de 5, né de parents marocains. Pour mon père, la nuit signifiait les « problèmes », alors il était très protecteur avec nous. Il avait envie qu’on réussisse, et pour lui, réussir impliquait qu’on ne travaille ni avec une pioche ni avec un balai. L’idéal, c’était d’être en costume et de ne pas se casser le dos…comme lui, à longueur de journée. L’informatique rentrait parfaitement dans ses critères.

C’est pour lui faire plaisir que tu es parti dans cette filière ?

Au départ oui. Mais ça m’a immédiatement plus. Après avoir tenté la fac puis la vie active avec juste le bac en poche, je suis reparti à l’école. Une école d’informatique (CFAI Loire à Saint Etienne) qui nous apprenait à être curieux. Mon directeur de formation a d’ailleurs été le 1er, à part mon père, à croire en moi. J’ai fait mon apprentissage à Roannais Agglomération et obtenu mon BTS. Mon père était tellement fier. Après…il a fallu gérer son absence. Ma sœur Nadia m’a beaucoup aidé à convertir ma douleur en force pour me jeter dans le travail.

Comment t’est venue l’idée d’Üperticks ?

Je suis rentré à la Sopra Steria comme technicien support informatique. Mais j’avais envie d’entreprendre et j’ai toujours adoré le sport, c’est comme ça que j’ai eu l’idée de donner plus de possibilités à des parieurs de parier juste… J’ai muri le projet en dehors de mon travail et me suis entouré des bonnes personnes: Fabrice Beaujard et Rock Agnoly. Ensemble, en 2016, nous sommes arrivés 3èmes du concours de la meilleure innovation organisé par Roannais Agglomération, la CCI et ses partenaires. Nous avons obtenu un prix nous permettant le développement d’un prototype de la plateforme. Par le biais de Roannais Agglomération, et plus particulièrement de Béatrice Devaux, que je remercie, j’ai rencontré deux experts en gestion d’entreprise, Sébastien Cohas et Marion Chomat, du cabinet Ariane Gestion. Ils ont cru en mon projet et m’ont aidé à conceptualiser un business model efficace, avec des indicateurs spécifiques à notre domaine si particulier. Au delà de cet accompagnement technique, ils m’ont appris à pousser des portes et à gérer la pression de l’innovation. J’ai quitté mon poste pour me consacrer à plein temps à cette aventure et, depuis mars 2017, la cadence est donnée et je vis dans une bulle de travail.

on ne peut pas encore trop en dire, n’est ce pas ?

Pas encore, non, on est en pleine levée de fonds pour la start-up. Mais, disons que le lancement est imminent, pour 2018. On vise le million d’utilisateurs sur 3 ans et le développement d’un réseau partenaire avec l’ensemble des Bookmakers (ARJEL). Les discussions avec certains d’entre eux sont déjà bien avancées alors on fait les choses bien !! On mise sur l’avenir car c’est un marché à plus de 2 milliards d’euros qui demande des investissements financiers colossaux, afin d’être clairement et immédiatement à la hauteur. Avec le lancement de ses 3 plateformes (Android, IOS et Web), Üperticks va permettre à tous de pouvoir intégrer le monde des paris sportifs, en limitant considérablement les risques qu’ils comportent. On prévoit des tas de surprises qu’on est impatient de vous faire découvrir. Mais effectivement, ce n’est pas le moment d’en dire trop !! Tous ces enjeux m’ont donné quelques cheveux blancs, mais, quoi qu’il arrive, l’histoire est belle et signifie déjà tant pour moi…

Rendez-vous donc très bientôt, pour tout vous dévoiler…